L’ actualité au burkina est rythmée, ces dernières semaines, par les tribulations du clan blaise compaoré, chassé du pouvoir par la rue, accueilli et naturalisé ivoirien par Alassane dramane ouattara. selon des informations, sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice burkinabé dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Norbert Zongo, tué et calciné dans sa voiture le 13 décembre 1998, le frère cadet de blaise compaoré a été interpellé par la police française, hier dimanche, tôt le matin, en provenance d’Abidjan par le vol AF703 d’Air France, à l’aéroport de Parischarles de Gaulle.

 

«le mandat d’arrêt a été notifié à mon client à son arrivée à Paris. Nous attendons maintenant la décision du juge pour savoir si ce mandat sera exécuté», a confié à Ja Me Pierre-olivier sur, avocat de François compaoré. Plusieurs sources disent que François compaoré et sa famille (femme et enfants résidant à Abidjan) ont été naturalisés ivoiriens, eux aussi, et que François faisait jusque-là la navette entre Abidjan et le monde entier. Impunément.

 

Même visé depuis mai 2017 par un mandat d’arrêt international émis par la justice du burkina Faso, pays dont son frère et lui ont été citoyens jusqu’à la perte du pouvoir par compaoré en octobre 2015, François compaoré a minimisé ce mandat dans une récente interview-défi à notre consœur Jeune afrique. Il ne pouvait en être autrement.

 

Leur bienfaiteur de côte d’Ivoire, Alassane dramane ouattara, se contente de traquer avec une férocité animalière les Ivoiriens partisans de Laurent Gbagbo, sous pré- texte de lutter contre l’impunité. Par contre, il distribue beaucoup de bises sur la bouche ensanglantée des bourreaux des burkinabè, pour des raisons qui conduisent en prison les Ivoiriens qui en parlent. L’Ivoiro-libanais sam l’Africain le vérifie de nos jours, aux dépens de sa vie, au service de cancérologie du cHu de treichville où il a été transféré de la prison presque agonisant. François compaoré n’est pas le seul à vivre les tribulations au burkina Faso. un autre pote de blaise compaoré, le général Gilbert diendéré, passe en audience de mise en accusation devant la chambre de contrôle du tribunal militaire de ouagadougou, depuis vendredi dernier, en tant que principal accusé dans le coup d’état raté du 15 septembre 2015. son avocat, Me Mathieu somé, a confié aussi à Ja que «Diendéré n’est plus poursuivi par la justice militaire burkinabé pour association de malfaiteurs, complicité de coups et blessures et de meurtre, mais le juge d’instruction a retenu contre lui plusieurs chefs d’accusation : attentat, atteinte à la sûreté de l’État, terrorisme, sé- questration et crime contre l’humanité». toujours selon l’avocat, à sa comparution du vendredi 27 octobre 2017, diendédé, le cerveau du «coup d’État le plus bête au monde», a expliqué ainsi son putsch : «a la réunion du 17 septembre 2015, l’évêque de bobo, Paul ouédraogo, a dit [aux chefs militaires] : ‘’le pays n’est plus gouverné. Prenez vos responsabilités’’. c’est à partir de là que l’armée s’est sentie concernée et a essayé de prendre les choses en main pour ne pas laisser les soldats faire. Dans la discussion, il est ressorti qu’il fallait donner le pouvoir au chef d’Etat-major général des armés.

 

ce dernier d’alors, Pingrenoma Zagré, a dit qu’il préférait que ce soit quelqu’un du régiment de sé- curité présidentielle (rSP). c’est ainsi que Gilbert Diendéré a pris le pouvoir et la hiérarchie militaire a accepté de l’accompagner». et à l’avocat du général cerveau du coup d’etat «bêtebête» qui a fait des morts, pour le retour de compaoré au pouvoir, de clamer : «Si le général mérite d’être tenu pour responsable parce qu’il a assumé le putsch, c’est en lien avec la hié- rarchie militaire qui a accepté d’accompagner le putsch sur instigation de l’évêque de bobo». de là à inciter à l’arrestation du prélat et de toute la hiérarchie militaire du Faso, il n’y a qu’un pas que diendéré et son avocat ne franchissent pas. car, aussi bête que cela puisse paraitre comme le coup d’etat raté, les deux savent que diendéré aurait bien pu refuser la sale opération comme l’a fait le chef d’etat-major général des armées du Faso. enfin, selon le bilan du dossier d’accusation du tribunal militaire du Faso, 107 personnes sont mises en cause pour leur implication présumée dans le coup d’état perpétré par le général diendéré et le rsP de compaoré contre le régime de la transition politique dirigé alors par Michel Kafando. Parmi elles, 21 sont actuellement en détention à la Maison d’Arrêt et de correction des Armées de ouagadougou et 9 autres en fuite. enfin, 63 accusés bénéfi- cient d’une liberté provisoire alors que seize autres inculpés n’ont jamais fait l’objet d’un mandat de dépôt.

 

Ainsi va le clan de ceux qui ont trempé dans les coups tordus contre leur pays, le Faso. Au moment où les mandats d’arrêts s’exécutent, c’est blaise compaoré qui doit se poser des questions. car, cet homme dont le nom a été cité dans toutes les guerres en Afrique de l’ouest (Libéria, sierra Léone et côte d’Ivoire) a abrité, nourri et organisé la rébellion d’Alassane dramane ouattara. son rôle dans le complot contre le président ivoirien Laurent Gbagbo est plus que plausible. et comme toute chevauchée criminelle a une fin, blaise compaoré fait aussi l’objet d’un mandat international, au moins dans le dossier de l’assassinat de son frère d’armes, le très populaire et immortel capitaine thomas sankara, voire aussi dans les autres dossiers criminels orchestrés pendant ses 27 ans de pouvoir sanguinaire au Faso. enfin, en quoi ces choses nous regardent-elles ? en rien du tout. sauf que ces gens qui étaient assis sur des tonnages impressionnants d’immoralité et de crimes se faisaient passer pour des saints, comploteurs contre des personnalités très propres de l’envergure de thomas sangaré (tué) et de Laurent Gbagbo (qui souffre le martyre à la prison de la cPI). Le monde est vraiment injuste. N’est-ce pas ?