Le  président Laurent Gbagbo s’est déplacé en personne, mardi 28 juillet 2020, auprès de la représentation diplomatique ivoirienne à Bruxelles pour effectuer les formalités administratives de demande d’établissement d’un passeport.

 

 

Dans un communiqué, maître Habiba Touré, avocate de Laurent Gbagbo, explique qu’après plusieurs demandes infructueuses d’établissement d’un passeport diplomatique, auprès du ministère des Affaires Etrangères à Abidjan, son client s’est déplacé ce jour auprès de l’Ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles, pour introduire en personne une demande de passeport ordinaire et un laisser-passer.

 

L’ex chef d’Etat ivoirien compte sur la bonne volonté des autorités de son pays afin qu’il lui soit délivré dans les meilleurs délais un document de voyage pour lui permettre de rentrer. Depuis son acquittement le 15 janvier 2019 et la levée des conditions restrictives de déplacement, le 28 mai 2020, le président Laurent Gbagbo continue ardemment de manifester le vœu de rentrer en Côte d’Ivoire.

 

Le 10 juin denier, le greffe de la Cour Pénale Internationale(CPI) avait adressé aux autorités ivoiriennes une demande dans ce sens. Cette information nous a été confirmée du côté des services consulaires de l’ambassade de Côte d’Ivoire auprès du Royaume de Belgique, qui ont reçu, selon les usages dus à son rang, l’ex président dans les locaux de la représentation.

 

Laurent Gbagbo y est resté de 11h à 16h selon les informations en notre possession.

 

Laurent Gbagbo, s’emploie à regagner sa terre natale. Aussi remercie t-il « d’avance les autorités ivoiriennes pour l’accomplissement de promptes diligences à cette fin »

 

« Mon pays risque à nouveau de brûler…


Oui, mon pays, la Côte d’Ivoire risque à nouveau de brûler parce que le Président Ouattara, au mépris de l’histoire institutionnelle de notre nation, a décidé de s’octroyer le contrôle absolu de la Commission Electorale, dans laquelle il a essentiellement et unilatéralement nommé des membres et des obligés de son parti et de son régime ! Faisant fi d’une condamnation de la Cour Africaine des droits de l’Homme et des Peuples en date du 18 novembre 2016, le régime Ouattara fonce en effet tête baissée vers une énorme mascarade électorale en 2020, en piétinant les principes d’équité, de transparence, de confiance et de compétence qui doivent présider à toute organisation électorale dans nos jeunes démocraties.

Mon pays risque à nouveau de brûler – et ne me dites pas que je n’ai pas tiré la sonnette d’alarme à temps-, parce que le Conseil Constitutionnel, l’institution supposée énoncer le droit en dernière instance en Côte d’Ivoire est de nouveau confisquée par le pouvoir Ouattara et à ses ordres exclusifs. Mon peuple manque ainsi du recours et du secours pourtant indispensables d’une justice indépendante et rigoureuse. Bien sûr, pour masquer toute cette dérive dictatoriale, M. Ouattara finance à coups de millions d’euros des cabinets de lobbying qui polissent son image. Mais, la lumière finit toujours par vaincre les ténèbres.

Oui, Mesdames et Messieurs les membres de la Chatham House,

Mon pays risque à nouveau de brûler parce si nous invitons Sherlock Holmes en Côte d’Ivoire, il nous indiquera les criminels dont les déclarations avouent clairement leurs crimes. Écoutez bien le Directeur Exécutif du RHDP le parti au pouvoir de Ouattara, a affirmé le lundi 28 octobre 2019 lors d’une conférence publique à Abidjan que son parti disposait de 3 millions 700 mille militants enregistrés et futurs électeurs ! Du jamais vu dans l’Histoire politique en Afrique et dans le monde, pour un pays de 25 millions d’habitants ! En effet, si l’on se souvient que l’actuelle liste électorale de Côte d’Ivoire compte environ 6 millions d’électeurs inscrits, M. Bictogo, au nom du Président de son parti, Alassane Ouattara, nous a annoncé, ni plus ni moins que la victoire assurée de leur candidat avec 62,5% des voix dès le 1er tour de l’élection de 2020 ! Le parti travailliste britannique, avec un peu plus de 500 000 adhérents pour près de 66 millions d’habitants ou le parti conservateur avec ses 160 000 adhérents, auraient donc tout à apprendre du parti de M. Ouattara, tout comme la République en Marche de M. Macron en France, qui ne dépasse que difficilement la barre des 400 000 adhérents, pour près de 68 millions d’habitants !

En vérité, nous assistons à l’organisation d’une vaste opération de tricherie en Côte d’Ivoire ! Jamais, au grand jamais un parti politique n’a dépassé la barre des 500 000 adhérents effectifs et non forcés en Afrique francophone !

En réalité, de toutes mes forces, avec mon mouvement Générations et Peuples Solidaires et nos alliés, je me bats pour que mon pays ne replonge pas dans la tragédie ! Et je suis venu vous parler afin d’en appeler à chacune et chacun d’entre vous, car vous êtes issus d’une Grande Nation spirituelle, qui connaît les souffrances du Pauvre, de la Veuve, de l’Orphelin et de l’Etranger !

Voilà pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire:

• Parce que j’aime mon pays et que j’ai perçu son attente de réconciliation, de justice et de prospérité partagée pour tous ses ressortissants ;
• Parce que je ne puis me résoudre à voir la moitié de mes compatriotes croupissant dans la misère, alors que les gouvernants osent présenter notre pays comme un miracle des dieux ;

•Parce que le combat que j’ai engagé depuis mon adolescence, avec mes compagnons de lutte, pour la justice, l’Etat de droit, le pluralisme politique et la démocratie réelle en Côte d’Ivoire mérite d’être poursuivi et consolidé par l’instauration d’institutions véritablement justes et efficaces ;

• Parce que je crois au génie des jeunes, des cadres, des femmes, des paysans, des ouvriers, des hommes d’affaires, des intellectuels en tous domaines, des ingénieurs, des amis de la Côte d’Ivoire et parce que je pense qu’un cadre assaini, une proactivité redoublée peuvent placer ce pays au pinacle des succès ;
• Je suis candidat à l’élection présidentielle de 2020 pour mettre fin aux pressions migratoires sauvages qui partent chaque année de mon pays la Côte d’Ivoire, pour trouver des solutions originales au fléau du chômage, pour stopper la dévastation écologique en cours dans mon pays, pour moderniser notre système éducatif et professionnel, pour transformer l’agriculture ivoirienne en un secteur optimalement performant, pour aider à l’émergence des champions économiques ivoiriens et de multinationales ivoiriennes à travers l’Afrique et le monde, pour héberger dans mon pays les capitaux les plus innovants et y enraciner une économie vivante de la connaissance ;

Oui, je suis candidat à l’élection présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire parce que je crois que mon pays mérite de tourner la page critique et agitée des héritiers et opposants de l’ordre politique ancien, qui a fait son temps, et parce que je sais que l’heure de faire la politique autrement, en impliquant activement le peuple des citoyens a sonné !


Mesdames et messieurs,

En cette Chatham House, je suis venu vous demander de prendre une part active dans la sauvegarde de la paix dans mon pays. Je suis venu vous demander d’aider mon pays à s’enraciner dans la démocratie et le respect de la souveraineté du Peuple, au lieu d’assister passivement à sa descente aux abîmes de la dictature qui s’y aggrave chaque jour.

Une élection présidentielle aussi cruciale que celle de 2020, ne peut pas se dérouler sous la confiscation de l’institution électorale et de l’institution judiciaire par l’actuel Président de la République, M. Alassane Ouattara !

Rendez-vous compte que même le Président Laurent Gbagbo, ancien Chef de l’Etat ivoirien, actuellement en procès à la Cour Pénale Internationale à La Haye, avait accepté une Commission Electorale Indépendante consensuelle, dirigée par un opposant à son régime !

Rendez-vous compte que c’est tout le modèle électoral ivoirien conçu, soutenu, subventionné avec l’appui de la Communauté Internationale qui est aujourd’hui en péril ! N’est-il pas impératif de ne pas laisser détruire un modèle de certification électorale qui a coûté des millions d’euros aux contribuables de vos pays d’Europe et du Royaume-Uni ?

La Commission Electorale actuelle va brûler la Côte d’Ivoire et tous ceux qui, de près ou de loin, auront cautionné par leur inaction un tel forfait porteront la terrible responsabilité du sang, de la sueur et des larmes des populations de mon pays ! Ne soyons pas des médecins après la mort, encore moins des pompiers pyromanes. Défendons la démocratie, soutenons un processus démocratique équitable, sauvons ensemble l’avenir du Peuple ivoirien !

Pour qu’il y ait une véritable élection présidentielle dans mon pays, la Côte d’Ivoire, il faut de toute urgence retirer le contrôle absolu du processus électoral des mains du Président Ouattara et de l’actuelle Commission Electorale soumise à ces ordres.

Avec votre soutien, cet objectif est atteignable. Notre Peuple, notre mouvement Générations et Peuples Solidaires, l’ensemble des Forces de l’Opposition Politique Ivoirienne et moi-même, espérons pouvoir compter dès ce jour sur votre engagement actif pour la sauvegarde de la stabilité, de la paix, de la justice, de la prospérité et de l’espérance en Côte d’Ivoire !

Vive l’amitié des Peuples.

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie.