Entre l'actuel chef de l'Etat et son prédécesseur, la bataille informationnelle se poursuit publiquement. Mais, en coulisses, les deux hommes parviennent à discuter. Reste la question de la détention de militaires proches de Laurent Gbagbo.

L'absence de Laurent Gbagbo à la fête nationale du 7 août à Yamoussoukro a été abondamment commentée par les médias, beaucoup d'entre eux y voyant le signe d'une nouvelle détérioration des relations entre l'ancien président et le chef de l'Etat, Alassane Ouattara (ADO).

Il n'en est rien, même si ADO aurait aimé associer à cet événement ses deux prédécesseurs à la tête du pays Henri Konan Bédié étant également absent. Laurent Gbagbo s'est fait excuser auprès du chef de l'Etat en lui expliquant les raisons qui l'avaient amené à prendre cette décision.

Depuis son retour en Côte d'Ivoire, le fondateur du Parti des peuples africains Côte d'Ivoire (PPA-CI) plaide pour la libération des prisonniers politiques et des militaires qui lui sont restés fidèles durant toute la crise post-électorale. Il a d'ailleurs demandé l'élargissement de plusieurs officiers, dont le général Bruno Dogbo Blé, ancien commandant de la Garde républicaine, et Vagba Faussignaux, ex-commandant de la marine.

Gabgbo a ainsi courtoisement fait savoir à ADO qu'il lui était difficile de participer au défilé militaire tant que des officiers comme Dogbo Blé se trouvent toujours en prison. Une position visiblement comprise par le président Ouattara, qui a déjà fait un premier pas à l'occasion de la fête nationale, en accordant la libération conditionnelle à Vagba Faussignaux et Jean Noël Abehi, ancien commandant du groupe d'escadron blindé de la gendarmerie nationale.

L'annonce a été faite par le président Ouattara dans son discours à la nation prononcé le 6 août, à la veille de la fête de l'indépendance. Mais ADO n'a voulu libérer ni le général Bruno Dogbo Blé ni le commandant de gendarmerie Anselme
Séka Séka, chef de sécurité de l'ex-première dame Simone Gbagbo. Raison : ces deux personnalités sont condamnées pour crimes de sang.

Le 6 août, ADO a également accordé une grâce à Laurent Gbagbo alors que l'ex- dirigeant est toujours condamné à vingt ans de prison dans son pays pour l'affaire dite du "braquage de la BCEAO" pendant la crise post-électorale.

L'ex-président aurait préféré bénéficier d'une amnistie, souhaitant ainsi lever tous les soupçons
contre lui dans ce dossier.