Abidjan - Face à la grogne pour paiement de primes et autres effets devant améliorer les conditions de carrière et de vie des forces de défense et de sécurité du pays, avec lesquelles un accord a été conclu, vendredi dernier, pour le solde du contentieux, le gouvernement ivoirien s'est fendu, ce mercredi, d'un communiqué par lequel il rappelle que cet engagement ne concerne que les ex-combattants des forces armées des ex-forces nouvelles, intégrés dans les armées, conformément à l'Accord politique de Ouagadougou, et "qui n'ont perçu, de 2007 à 2011, ni primes, ni salaires".

 

La prime ne concerne exclusivement que le contingent des ex-Forces armées des forces nouvelles (FAFN), intégré aux missions de sécurisation du processus de sortie de crise sur cette période 2007-2011, a souligné le porte-parole du Gouvernement, Bruno Nabagné Koné, qui a expressément donné lecture dudit communiqué, et qui a rappelé que l'une des clauses convenues de l’accord politique de Ouagadougou stipule que cet engagement est prise en charge par le budget de l’Etat.

 

Depuis quelques jours, des militaires de plusieurs garnisons du pays sont entrés en mutinerie pour réclamer des primes ainsi que l'amélioration de leurs conditions de vie et une meilleure régulation de leur système de promotion en grade. Mardi, des gendarmes et policiers sont, à leur tour, sortis pour réclamer, eux aussi, leur part de primes, notamment à Yamoussoukro, capitale politique et administrative du pays, où leur mouvement s'est soldé par de nombreux blessés et la mort de quatre des leurs, dont deux issus de Zambakro, selon le communiqué du gouvernement qui a déclaré regretter cette situation qui découle d'un dysfonctionnement dans la gestion du dossier par la hiérarchie des forces armées.

 

Exhortant au calme et à la retenue pour ne pas contrarier les efforts de redressement durable de l'économie nationale, le gouvernement a tenu à rassurer l’ensemble des forces de défense et de sécurité de sa ferme volonté à tout mettre en oeuvre pour améliorer leurs conditions de vie et de travail, non sans déplorer cette propension à user de mutinerie pour exprimer des revendications corporatistes.

 

Evoquant également la situation de la grève dans l'administration, déclenchée par une organisation inter-syndicale de la Fonction publique, depuis le 9 janvier, une rencontre a lieu, jeudi, entre le gouvernement et les dirigeants de ce syndicat pour analyser, ensemble, la plate-forme de revendications soulevées. Depuis quelques jours, cette grève a poussé les élèves des enseignements scolaires publics ivoiriens à manifester eux aussi pour réclamer leurs droits à l'éducation, et demander la reprise des cours suspendus pour cause de grève.