Deuxième report du projet de loi sur la nouvelle Commission électorale indépendante (Cei). Initialement prévue pour le lundi 12 mai, la rencontre a été programmée pour ce mardi, puis reportée à une date ultérieure.

Les députés membres de la Commission des affaires générales et institutionnelles (Cagi) de l’Assemblée nationale, devraient recevoir ce mardi, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko. Le Commissaire du Gouvernement devait présenter le projet de loi portant organisation, attributions et fonctionnement de la nouvelle Cei. Hier, au journal télévisé de Rt1, un communiqué a annoncé le report de cette réunion.
Selon nos sources, le Groupe parlementaire Pdci-Rda, présidé par Gaston Ouassénan aurait introduit une requête, aux fins de demander un report de l’examen du projet de loi sur la nouvelle Commission électorale indépendante (Cei). L’objectif de cette sollicitation auprès du président de la Cagi, Diawara Mamadou, est d’obtenir un consensus autour de cette loi controversée.

La requête du groupe parlementaire Pdci-Rda a reçu un écho favorable. C’est ce qui explique le report à une date ultérieure, des débats sur la nouvelle Cei. Depuis l’adoption en conseil des ministres du projet de loi modifiant la composition de la Commission électorale, chargée d’organiser la présidentielle de 2015, des voix se sont élevées pour contester sa composition. Notamment le Front populaire ivoirien (Fpi), qui a même évoqué« un forcing qui semble se dessiner », après l’adoption du projet de loi, le mercredi 9 avril dernier, par le Gouvernement. Le président du Mfa, Innocent Anaky Kobena, membre du Rhdp, avait aussi rejeté les propositions du Gouvernement. « Pour 2015, et par rapport au drame qu’a connu la Côte d’ivoire en 2010-2011, nous devons accepter d’aller de l’avant et demander que le Gouvernement n’y pèse pas du tout. Autrement dit, réclamer une « CEI à Gouvernement zéro !», avait écrit M. Anaky dans sa lettre à la Nation ivoirienne. Il avait proposé une Cei composée de 19 membres. Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’intérieur, Hamed Bakayoko, N° 2 du Gouvernement Ouattara, avait exclu toute nouvelle modification du projet de loi du Gouvernement sur la nouvelle commission électorale indépendante (Cei). Il l’a annoncé, avec force, devant la presse nationale et internationale qu’il a invitée à son cabinet. « Nous n’avons pas l’intention de renégocier ce texte. Nous partons au Parlement pour le défendre. Et je souhaite sortir du Parlement avec le texte que j’y enverrai », a-t-il martelé. Une semaine après, le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko est revenu sur sa décision. « J’ai souhaité
cette rencontre pour avoir une autre opportunité de discussion avec vous sur cette question importante. J’ai la responsabilité en tant que Commissaire du Gouvernement, de défendre, dès la semaine prochaine, le projet de loi modificatif portant Composition, Organisation, Attribution et Fonctionnement de la Cei, que le Gouvernement a adopté », a-t-il expliqué, le vendredi dernier, lors d’une rencontre avec les présidents de l’Udcy, l’Udp, Cap-Udd, Alternative citoyenne, Lider, Pit dont le président Aka Ahizi y représentait les partis membres de l’Alliance des forces démocratiques (Afd). A ce titre, il y représentait aussi le Fpi. C’est dans cet imbroglio que les députés du Groupe parlementaire PdciRda ont souhaité un report pour faire prévaloir le consensus, avant examen de ce projet de loi, dont l’importance se mesure à l’enjeu de la Présidentielle en 2015.
Dans sa nouvelle composition, la Cei, devrait réunir quatre (4) représentants du Président et du Gouvernement, 3 membres de la société civile dont deux religieux, trois représentants de la coalition au pouvoir et de trois autres des partis d’opposition. Donc, 13 personnalités qui devraient composer la nouvelle CEI.

Konan Kan
Le Mandat 13/05/2014