«Soul to Soul l’a dit : il n’est pas le propriétaire de ces armes, il ne les a pas acquises, il ne les a pas gérées. Sa maison a juste servi de lieu d’entreposage pour l’ensemble des Forces républicaines de Côte d’Ivoire qui, sur ordre du président Alassane Ouattara, ont lancé l’assaut pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir. Ces armes n’ont pas été acquises par Soul to Soul, il n’en a pas les moyens». Ces propos sont de Moussa Touré, proche parmi les proches de Guillaume Soro Kigbafori. Il les a tenus sur radio France Internationale hier. La radio fran- çaise l’interrogeait suite à l’arrestation de Koné Souleymane Kamaraté, accusé «des faits de détention, de cession d’armes de guerre et de munitions de première catégorie, ainsi que de complot contre l’autorité de l’Etat».

 

TM, comme l’appellent ses amis, officie comme chargé de communication de Guillaume Soro Kigbafori, ancien chef rebelle et actuel président de l’assemblée nationale. Pour TM, l’arrestation, l’inculpation et l’incarcération à la Maison d’arrêt et de correction d’abidjan (Maca), depuis lundi dernier, de Koné Souleymane Kamaraté dit Soul to Soul, directeur du protocole du même Guillaume Soro, procèdent de «manœuvres politiques». Objectifs ? «A travers Soul to Soul, les autorités ivoiriennes veulent atteindre Guillaume Soro pour le décrédibiliser avant la présidentielle de 2020». alassane Ouattara, le vrai propriétaire des armes ? Pour le «Communicant» de Guillaume Soro, ce sont bien les Forces républicaines (exForces armées des Forces nouvelles ou FaFn, ancienne rébellion) qui, «sur ordre» d’alassane dramane Ouattara, ont utilisé le domicile de Soul to Soul comme «lieu d’entreposage pour lancer l’assaut pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir». Bien sûr, Moussa Touré se garde de dire ouvertement que c’est Ouattara qui a fourni ces armes à ses propres rebelles et autres mercenaires qu’il a rebaptisés «Forces républicaines», en mars 2011, dans le cadre de cet assaut criminel pour conquérir le pouvoir d’Etat. Mais peu importe, les témoins oculaires de la guerre de Ouattara pour renverser Laurent Gbagbo ont tout compris.

 

La guerre est ouverte entre les alliés d’hier. Sur le partage du butin. L’affaire a éclaté en mai 2017. En pleine mutinerie des ex-rebelles, qui réclamaient le reliquat de leur rançon promise par alassane dramane Ouattara pour les inciter à la guerre contre Gbagbo, il a été découvert, à Bouaké, au domicile de Soul to Soul « guerre», disaiton au moment des faits. Ces armes ont été mises à la disposition des «mutins» quand Ouattara avait mobilisé les Forces spéciales basées à adiaké, à une cinquantaine de kilomètres au Sud d’abidjan, pour «les mater, voire les massacrer». Grâce aux armes stockées chez Soul to Soul, les mutinés ont rétabli l’équilibre de la terreur et contraint Ouattara à leur verser l’argent promis. Mais, la colère du clan Ouattara n’a fait que décupler contre Soul to Soul, voire contre Guillaume Soro Kigbafori, l’ex-chef des rebelles. Et depuis mai 2017, Koné Souleymane Kamaraté est constamment convoqué et entendu par les gendarmes. Lundi dernier, il a été arrêté. «Au regard de la gravité des faits de détention, de cession d’armes de guerre et de munitions de première catégorie, ainsi que de complot contre l’autorité de l’Etat, M. Souleymane Karamaté Koné a été interpellé ce lundi 9 octobre 2017. Une information judiciaire avec mandat de dépôt a été ouverte contre lui et toute autre personne concernée», a expliqué richard-Christophe adou, le procureur de la ré- publique, dans une déclaration lue le soir de cette arrestation. EnCOrE 294 TOnnES d’arMES danS La naTUrE ! Selon le procureur, les enquêtes ouvertes ont montré que Soul to Soul détenait «six tonnes d’armes constituées de lance-roquettes, mitrailleuses lourdes, mortiers et de toutes sortes d’explosifs». Une petite poudrière que le processus de désarmement et de réinsertion des ex-combattants n’a pas pu récolter. Mais cet arsenal, aussi impressionnant soit-il, n’est rien par rapport à la quantité d’armes dissimulées dans les domiciles des proOuattara. Car, juste avant la guerre postélectorale faite à Laurent Gbagbo, les enquê- teurs de l’OnU avaient écrit noir sur blanc, dans un rapport, que Guillaume Soro et ses chefs de guerre détenaient 300 tonnes d’armes. dès lors que 6 tonnes d’armes ont été découvertes au domicile de Soul to Soul, cette information, malgré les démentis, reste à prendre au sérieux. Elle tend à montrer qu’au moins 294 autres tonnes d’armes sont cachées dans d’autres domiciles. Et le procureur de la république, richard-Chirstophe adou, semble le confirmer quand il déclare qu’«une information judiciaire avec mandat de dépôt a été ouverte contre (Soul to Soul) et toute autre personne concernée». du coup, dans ce conflit qui prend désormais la tournure de guerre totale, les partisans de Soro pourraient être férocement traqués alors qu’ils pourraient ne pas détenir à eux seuls les 294 tonnes «entreposés» dans les domiciles. Car, ces armes qui ont été distribuées, selon le rapport de l’OnU, avant la présidentielle de 2010, pourraient se retrouver aussi chez de nombreux cadres du rdr, vu que le parti et la rébellion faisaient vraiment front commun au moment de l’acquisition de ces armes. Cela, Moussa Touré l’a clairement exprimé sur rFI hier, soutenant que «tous les officiers des grands commandements autour de Ouattara en sont bien informés» et que «Ces armes n’ont pas été acquises par Soul to Soul, il n’en a pas les moyens». «L’existence de cette cache d’armes est un arbre qui cache la forêt», conclut Moussa Touré, dont le patron, Guillaume Soro Kigbafori, vit un exil qui ne dit pas son nom. Pour l’instant.