Après tout ce qui a été dit, qui continue d’être dit ; ce qui a été écrit et qui continue d’être écrit sur les conditions d’une réconciliation vraie
et réussie, on constate avec amertume que le régime Ouattara
est profondément de mauvaise foi.

Une mauvaise foi dictée par la volonté manifeste du régime de maintenir dans le pays un climat de division afin
de diriger sans partage.
De fait, chaque fois que la question de la réconciliation nationale
et de la cohésion sociale revient à la surface de l’actualité,
le gouvernement se lance dans des ersatz de solutions,
des cache-sexes pour ne pas aller à l’unité de tous les Ivoiriens.
Tels les discours officiels dans lesquels on pense qu’il suffit de
prononcer le syntagme ‘’réconciliation nationale’’ pour que les
Ivoiriens soient réconciliés comme par enchantement.
Tels, récemment, le lancement à Yamoussoukro, le 15 avril dernier,
d’une tournée nationale de la paix et la cohésion sociale
par la ministre de la Solidarité, Mariétou Koné.
Si la question de la réconciliation nationale pouvait se régler
simplement par une tournée, pourquoi l’opposition au régime
de Gbagbo s’est-elle montrée réfractaire aux campagnes de
sensibilisation initiées par le régime Gbagbo. L’on se rappelle,
en effet, que le ministre Dano Djédjé, alors ministre de la Réconciliation nationale, avait des mois durant, parcouru toute la
Côte d’Ivoire à l’effet de briser le mur de la division qui existait
entre le régime Gbagbo et son opposition. Des mois pour demander
pardon à l’opposition pour qu’elle ‘’retourne’’ à la République.
Alors même que c’est le régime Gbagbo qui était agressé. Tout un symbole !
Si la question de la réconciliation nationale pouvait se régler
simplement par une tournée, pourquoi la rébellion a-t-elle a
refusé de désarmer après la tournée effectuée dans la
zone rebelle par l’emblématique Didier Drogba pour présenter
son ballon d’or. Qui ne se rappelle pas cette exhortation :
«Pardonnez, déposez les armes, la Côte d’ivoire est une (...)».
Au bilan, les lignes n’ont pas bougé d’un pouce. En cachette,
le RDR réclamait l’éligibilité à la présidence de la République de
son mentor Alassane Dramane Ouattara. Idem pour le PDCI
pour son président Henri Konan Bédié. Soro Guillaume et sa rébellion
armée exigeaient des assurances relativement à leur
sort. Le Président Laurent Gbagbo qui voulait vraiment la
réconciliation entre les Ivoiriens a accédé à leurs requêtes.
Alassane Dramane Ouattara, Henri Konan Bédié et Soro Guillaume
ont été autorisés à se présenter à l’élection présidentielle.
En plus, Soro Guillaume a été nommé Premier ministre, les
rebelles ont été intégrés dans l’armée nationale avec leurs
grades ‘’Soro’’. Après ces actes forts posés par
le Président Laurent Gbagbo,l’atmosphère s’est totalement
décrispée. Les Ivoiriens ont commencé à se parler parce
qu’ils se faisaient confiance.
Quid de Alassane Ouattara. Depuis son investiture où il a promis
de façon solennelle à la communauté internationale de
faire de la réconciliation nationale sa priorité, pas une seule
fois, il a posé un acte fort en faveur de la réconciliation nationale.
Bien au contraire, il a posé de nombreux actes qui ont accentué
la division entre les Ivoiriens,regroupés dans la gestion
solitaire du pays. Le plus cocasse,c’est quand il s’est
étonné devant le roi de l’Indénié qu’il ignorait que le grand militant
du FPI, Assoa Adou, rentré fraîchement d’exil, avait été arrêté
et jeté en prison. Une informationpourtant connue de tout
le monde. Mais qu’a-t-il fait après avoir reçu l’information.
Rien du tout ! C’est un signal qu’il n’est pas du tout prêt à aller
à la réconciliation. Les Ivoiriens disent avec humour : «Poussin
qui va devenir coq là, c’est par ses pattes on voit ça».
Pourtant l’opposition significative ne lui demande que des
actes simples à poser : la libération de tous les prisonniers
politiques sans calcul politique,le retour sécurisé des exilés politiques,la non-immixtion du politique dans les affaires de
justice, le retour de Laurent Gbagbo qu’il a envoyé à la CPI,
la reconnaissance du génocide Wê. Autant de gestes forts qui
vont convaincre que le régime Ouattara veut aller à la réconciliation
nationale et à la cohésion sociale.
Il faudra aussi discipliner les faucons du régime, tels les
Amadou Soumahoro, éternel secrétaire général par intérim
du RDR, et NGuessan Joël, ‘’répondeur automatique’’ de ce
parti, dont les propos haineux n’invitent pas à la réconciliation.
Ce ne sont donc pas les tournées ni les discours qui vont
conduire à la cohésion sociale.
Si le gouvernement ivoirien s’en tient uniquement à ses ‘’tournées
de sensibilisation’’, il va sans dire que la réconciliation
nationale n’est pas pour demain.Au demeurant, qu’est-ce
que la ministre Mariétou Koné a ramené de ses tournées dans
les camps d’exilés dans la sous-région ? Du menu fretin.
Le peuple de Côte d’Ivoire attend Ouattara sur des gestes
concrets et non sur du rafistolage psychédélique juste pour
amuser la galerie. Autant économiser l’argent des tournées
trompe-l’oeil, les caisses de l’Etat étant déjà tendues