Quand, sans sourciller, et le regardant droit dans les yeux, Ouattara Dramane Alassane (ODA) déclare au roi de l’Indénié que lui chef de l’État a été tenu dans l’ignorance de l’arrestation du docteur Assoa Adou, et que revenu d’Abengourou il ne fait rien pour la libération de l’éminent « fils » du roi emprisonné à tort; lorsque dans un pays africain, le chef de l’État ignore royalement l’autorité des rois et chefs traditionnels, et cherche plutôt à les soumettre en leur conférant un rôle uniquement honorifique (Nanan Désiré Tanoé, ex-ambassadeur, ci-devant apparatchik du PIT de Francis Wodié, aujourd’hui roi des N’Zima de Côte d’Ivoire, est certainement mal à l’aise), c’est que la cause est entendue. 

 

Tout près de nous, le Burkina Faso nous a indiqué la voie à suivre : les autorités politiques et militaires s’en remettent, de guerre lasse, à la chefferie traditionnelle. Le pouvoir du Moro Naba, roi des Mossis, est plus que jamais affirmé. 

Accession au pouvoir par les armes; mépris royal pour la Constitution; irrévérence vis-à-vis de l’autorité traditionnelle; manipulation éhontée des résultats électoraux; mensonges constamment débités en flagrance, tout dans le comportement d’ODA nous administre éloquemment la preuve qu’en Côte d’Ivoire nous avons atteint le summum de la voyoucratie, nous sommes parvenus au creux de la vague en matière de morale. 

 

Que gagne la Côte d’Ivoire à s’embarrasser d’un chef d’État qui n’a que du dédain pour les règles établies? 

 

Je dis bien: chef d’État. Que l’on ne compte jamais sur moi pour donner du président de la République à ODA. Pour mériter cette épithète, il faut commencer par respecter la Constitution du pays qu’on a la prétention de diriger. 

 

Jacques Mian