Les avocats du président démissionnaire du Parlement ivoirien, Guillaume Soro, ne lâchent pas prise. Me Affoussiata Bamba-Lamine et ses collaborateurs ont, dans un communiqué, sommé l'Etat ivoirien à se conformer à la décision de la Cour africaine des droits de l'homme, ordonnant la suspension du mandat d'arrêt international émis contre leur client.


La Cour africaine des droits de l’homme a ordonné, mercredi 22 avril 2020, la suspension du mandat d’arrêt international, lancé contre Guillaume Soro, actuellement exilé en France.

La décision de cette juridiction africaine enjoint également la justice ivoirienne à libérer provisoirement les compagnons de Guillaume Soro, détenus depuis le lundi 23 décembre 2019.

En réaction, le gouvernement ivoirien a indiqué n’avoir pour l’heure « aucun commentaire à faire » sur cette décision. Pour le ministre Sidi Touré qui réagissait au nom de l'Etat ivoirien, ce qu’il faut retenir, c’est que "les procédures engagées par la justice ivoirienne, restent en cours".

Des propos qui n’ont pas laissé indifférents Me Affoussiata Bamba et les avocats français commis à la défense de Guillaume Soro.

La décision prise à l'unanimité des juges de la Cour africaine, ont-ils tenu à rappeler, est "insusceptible" de recours et «d’exécution immédiate ».

«Cette décision prise à l’unanimité des juges est insusceptible de recours conformément aux dispositions des articles 27 (2) du protocole 51 du Règlement intérieur de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et est d'exécution immédiate », ont rappelé les avocats de Guillaume Soro.

Au regard de ces prescriptions, Me Affoussita Bamba-Lamine et ses collègues ont sommé le régime Ouattara à se conformer à cette décision de la Cour africaine des droits de l’homme.

C'est-à-dire, procéder à la libération de toutes les personnes détenues, proches de Soro, et surseoir à toutes les procédures judiciaires concernées par la saisine de la cour.

La Cour africaine des droits de l’homme a d'ailleurs exigé à l’Etat ivoirien, de lui transmettre un rapport sur la mise en œuvre des mesures provisoires ordonnées, dans un délai de 30 jours.