Le journaliste Théophile Kouamouo répond par l’affirmatif à cette question.

 

En 2014, les Burkinabés ressuscitèrent Sankara lors de leur insurrection populaire contre le troisième mandat de Compaoré. En 2015, ils enterrèrent électoralement le sankarisme. Nos martyrs deviennent des icônes mais leurs mouvances politiques ne leur survivent pas vraiment. Les lumumbistes sont minoritaires en RDC ; le parti de Nkrumah est en troisième position au Ghana, à moins de 10% ; l’UPC, âme immortelle du peuple camerounais, est dans le coma. Le culte de la personnalité, y compris des personnalités mortes, n’est pas forcément le meilleur gage de perpétuation d’un courant politique. 

(Théophile Kouamouo)

 

Compaoré est mort, vive Blaise

 

Roche Marc Christian Kaboré est bien parti pour réaliser, lui aussi, son « Takokélé », c’est-à-dire « Un coup KO » à la présidentielle du Faso. Cet ex-ministre de l’Économie et des Finances de Compaoré, ex-Premier ministre, ex-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, parti de Compaoré durant son règne) et ancien président de l’Assemblée nationale du Faso est largement en tête des tendances.

Avec cet homme du sérail à la tête du pays, Blaise Compaoré peut dormir tranquille dans son exil; les généraux Djibril Bassolé et Gilbert Diendéré peuvent se frotter les mains. Toute l’agitation actuelle va s’en aller en eau de boudin. Car au Faso, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » comme nous l’a appris Lavoisier. L’opposition, partie en ordre dispersé face à ce dinosaure de l’ex-parti au pouvoir, n’aura que ses yeux pour pleurer.

(Bally Ferro)