«Le président Ouattara est allé trop loin dans la mise en scène et la théâtralisation autour
de sa maladie. Malheureusement pour lui des erreurs importantes de casting et de communication
sont en train de provoquer un effet boomerang, de sorte que la sympathie populaire qu’il espérait susciter se transforme actuellement en dégoût. Les populations ayant le sentiment de s’être
fait manipuler, transforment leur compassion en répulsion. A trop vouloir tirer sur la corde elle se casse ; c’est malheureusement ce qui arrive au président Ouattara. Et à son équipe de communication.
Cherchant à se servir de son état de santé pour jouer sur les émotions, le pathos et l’affectif des Ivoiriens, afin de s’attirer leur sympathie à un moment où son image politique était la plus désastreuse,
à cause de la corruption galopante qui mine son gouvernement, le chômage endémique et les multiples
reniements de sa parole publique, le président et son équipe de communication ont mis en place un dispositif scénographique autour de sa maladie, mais malheureusement celui-ci à été poussé
trop loin. Des erreurs de communication font que cette scénographie se retourne actuellement contre lui, de sorte qu’il apparaît aux yeux du peuple comme un cynique manipulateur qui peut aller jusqu’à se servir de son état de santé à des fins politiques. Quelles ont été les erreurs de casting et de  communication du dispositif scénographique autour de la maladie de Ouattara ? Première erreur : les déclarations rassurantes de son épouse faisant état de sa bonne santé ainsi que celles des membres de son parti qui ont soutenu qu’il accordait même des audiences  dont l’une à Amadou  soumahoro (Secrétaire général par intérim du Rdr, ndlr). Deuxième erreur: les visites sans images, de Sarkozy, de Macky Sall puis celle de Guillaume Soro. Le dernier cité, très prolixe, fera une grande erreur de communication en présentant le président comme étant en pleine forme et en bonne
santé et en affirmant même que ce dernier se riait des rumeurs qu’il laissait volontairement
courir sur son état de santé. Soro ira même très loin en affirmant que le président
s’occupe à travailler. Ce qui montre qu’il a volontairement choisi de se cacher
à la vue des Ivoiriens pendant près d’un mois, tout en laissant circuler l’information
selon laquelle il serait malade ou même mort. Troisième erreur : L’appel de son service de communication qui demande aux populations d’aller l’accueillir à l’aéroport, avec à la
clef, la vente d‘un pagne spécial (ADO Fotamana). Ce qui montre qu’il veut tester la
sympathie qu’a provoquée sa maladie sur les Ivoiriens, en utilisant son retour comme
un test de popularité personnel à visée politique. Une façon pour lui de remonter
sa côte de popularité qui ne faisait que subir une chute vertigineuse. Tout ceci s’appelle de la communication politique, et malheureusement cela peut provoquer l’effet contraire
auquel on s’attend, quand il est découvert, comme c‘est actuellement le cas avec la
mise en scène autour de la maladie d’Alassane Ouattara. C’est bien dommage
pour le service communication qui vient de rater un coup de marketing politique
qui pourtant était bien parti. Hélas! » Dr Doumbia S. Major Docteur en sciences du Langage,
Université Paris-Est Expert en Analyse automatisée des discours politiques et médiatiques.
Master en Communication politique et Publique, Université Paris 12 Master en Ingénierie de projet
de développement, Université Paris 12
Notre Voie