Notre pays se dirige vers des élections truquées et non crédibles. Les causes sont simples à déceler : le manque de réconciliation, des conditions opaques et un processus électoral caporalisé par le régime au pouvoir. En général, en Afrique, les troubles et autres conflits sont le fait d’élections mal organisées.

 

En Côte d’Ivoire, tous les ingrédients montrent bien le désordre à venir. Au lieu de prévenir cette situation en acceptant de reporter ces élections afin de les préparer avec son opposition, le Président sortant est resté sourd, muet et autiste. Mieux il fait cavalier seul. Et pourtant, la situation en Côte d’Ivoire continue de mettre en péril la paix et la sécurité internationales dans la région. Les conditions ne sont pas réunies pour des élections crédibles, paisibles, transparentes et ouvertes dans notre pays. Déjà en 2012, la résolution 2062 de l’ONU mettant en garde notre pays sur certains points.

 

En son point 10, cette résolution : souligne qu’il faut d’urgence prendre des mesures concrètes pour promouvoir la justice et la réconciliation à tous les niveaux et de tous les côtés, notamment en faisant participer activement les groupes de la société civile.

 

 

En son point 16, la résolution 2012 : demande au Gouvernement ivoirien et à tous les acteurs politiques de veiller à ce que les prochaines élections locales soient ouvertes, transparentes, libres et régulières et se déroulent dans le calme, et à ce qu’elles favorisent la représentativité politique et la réconciliation, en choisissant une date opportune, en assurant la sécurité et en procédant aux réformes électorales utiles, souligne qu’il incombe au premier chef au Gouvernement ivoirien d’organiser les élections locales et, à cet égard, prend note de la demande adressée à l’Organisation des Nations Unies par le Gouvernement ivoirien et autorise l’ONUCI à apporter au Gouvernement ivoirien, si nécessaire et à sa demande, une assistance appropriée pour la tenue de ces élections, en fonction des ressources et des capacités dont elle dispose et dans les zones où elle est déployée, sans préjudice des grandes priorités de son mandat.

 

Refusant d’organiser des élections ouvertes, libres, transparentes et sécurisées, les candidats ESSY AMARA et MAMADOU KOULIBALY ont suspendu leur participation à ces élections truquées. Ils sont donc en phase avec la résolution 2062 qui préparait notre pays à des élections propres. Les jeunes démocrates Ivoiriens saluent à juste titre le courage politique et le sens de la responsabilité de ces deux hommes politiques.

 

 

Nous appelons les autres candidats à suivre l’exemple de ces deux candidats et laisser le président sortant tout seul dans son monologue politique.

Fait à Abidjan le 11 octobre 2015

Le Président des Jeunes Démocrates Ivoiriens

Dr PRAO Yao Séraphin