La perception des Ivoiriens n'est pas assez rassurante sur la manière dont le régime actuel gère les affaires publiques.

C'est ce que révèle l’Afro-baromètre qui a mené une enquête dont les résultats ont été rendus publics récemment au cours d'un atelier de dissémination tenu à Abidjan. Différents secteurs sont concernés par l'enquête. Sur la question liée à l'insécurité et à la confiance en la police, il ressort que deux Ivoiriens sur cinq, soit 42%, se sont sentis au moins une fois en insécurité durant les 12 derniers mois. Ce qui indique que le sentiment d'insécurité semble être récurrent en Côte d'Ivoire. D'ailleurs, l'enquête a mis en lumière le fait que 35 % des répondants ont exprimé au moins une fois la crainte de subir un crime à domicile. « Un Ivoirien sur dix(9%) a été effectivement victime d'agression physique durant les douze derniers  mois au moment où 25 % des interviewés ont été victimes de vols à domicile », indique Afro baromètre. Qui ajoute que « seulement un Ivoirien sur dix a déclaré un crime qu'il a subi.

Ce faible pourcentage s'explique par le fait que les victimes ont eu peur des représailles d'une part, et d'autre part, le fait que la police n'aurait pu rien faire ou que la police ne s'en occupe pas. Sur la performance du gouvernement, les résultats relèvent qu'un Ivoirien sur deux(55%) a un avis favorable du mandat du président Alassane Ouattara. Toutefois, l'Assemblée nationale et les conseils municipaux ne sont pas bien lotis, car seulement le tiers des Ivoiriens est d'accord avec la façon dont leur conseil municipal a effectué son mandat au cours des 12 derniers mois et 44% pour l'Assemblée nationale.

Dans ce même chapitre, il ressort que trois Ivoiriens sur quatre jugent difficile l'accès aux renseignements sur la gestion des recettes fiscales et 46 % l'expriment quand il s'agit des impôts et taxes. L'enquête révèle également que les Ivoiriens éprouvent des difficultés dans les hôpitaux publics. Le manque de médicaments et la cherté des services sont décriés par les Ivoiriens. L'étude indique que pour 57% de la population, le manque de médicaments et les services coûteux sont les problèmes auxquels ils sont confrontés dans les centres de santé ou hôpitaux publics.

La longue attente éprouvée par les Ivoiriens avant de bénéficier des soins a été également dénoncée dans l'étude de l’Afro-baromètre . Sur les services de l'éducation, trois Ivoiriens sur quatre ont jugé difficile l'obtention d'une place dans une école publique, alors que le surpeuplement des classes  et l'état des infrastructures constituent des problèmes auxquels  les populations ont été le plus confrontées. Dans le chapitre concernant l'intérêt pour les affaires publiques et politiques, il ressort dans  l’Afro-baromètre que moins de la moitié des Ivoiriens(48%) s'informe chaque jour par la télévision et seulement 37 % par la radio. 

Le recours journalier à la presse écrite et à Internet pour s'informer est beaucoup plus faible. L'étude révèle que seulement le tiers des Ivoiriens s'intéressent aux affaires publiques, quand 67% n'y manifestent aucun intérêt. Il est bon de savoir que Afro-baromètre est une série comparative d'enquêtes d'opinion publique, couvrant jusqu'à 35 pays africains pour le Round 5(2011-2013). il mesure l'atmosphère publique sur la démocratie et d'éventuelles solutions alternatives, des évaluations de la qualité de la gouvernance et la performance économique. En Côte d'Ivoire, les travaux de terrain pour le Round 5 ont été conduits du 11 au 25 mars 2013.

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