Durant sa tournée le président du Fpi a pris la parole à chaque étape.
Le président du FPI a animé un meeting dans le canton Zarabaon hier mardi 19 novembre 2013 dans le village de Kahen en présence des 21 chefs du canton et de nombreuses populations venues d’un peu partout.
Affi N’Guessan a donné des assurances à la CPI quant à la libération de Gbagbo qui contribuera à la réconciliation. Non sans inviter les actuels tenants du pouvoir à faire profil bas au regard de leur parcours
émaillé de la mort de milliers d’Ivoiriens.

C’est d’abord Oulaï Jean Koula, porte-parole des populations qui
a rappelé les atrocités dans le canton depuis la rébellion armée de
2002. Il a notamment fait savoir que Mahan Guéhi, secrétaire général de section de Pinhou, a été fusillé le 29 octobre
2002 alors qu’il se rendait au champ, l’assassinat de l’ajudant-chef
Gohou, égorgé le 6 octobre 2002 à Bouaké, l’assassinat de Oulaï Gouzibo Théodore, sous-préfet de Sirasso (Korhogo) torturé et mort le 16 juillet 2005, la mort de Goho Anon Christine, décédée le 30 mars 2009 à Tié-Iné alors qu’elle était dans son village pendant les audiences foraines ainsi que de Diéhi Joseph, doyen des secrétaires généraux de la section de Zou, décédé le 11 avril 2011 à Duékoué. « Le canton a enregistré des centaines de morts, des centaines de blessés, des dizaines de disparus, des dizaines de cas de viols », a-t-il fait remarquer.
Pourquoi Gbagbo doit être libéré Oulaï Jean Koula a en outre souligné
que les villages de Bably, Gan, Koulaéoué, Phing-Béoua, Gohouo,
Gloubly et Tié-Iné ont été « détruits entièrement ou partiellement », les forêts et plantations des populations occupées avec en prime les dozos et autres supplétifs des FRCI écument tous les villages et gardent des barrages sur toutes les pistes et routes d’accès comme nous avons pu le constater. En effet, entre Kahen et Zérégbo, distant de 46 Km, l’on dénombre 27 barrages de dozos et supplétifs FRCI. «Nous sommes emprisonnés et le bilan est désastreux», s’inquiète Jean Koula Oulaï.
Malgré tout, Jean Koula Oulaï soutient que le canton Zarabao est disposé à aller à la réconciliation. Non sans conditions: «La libération immédiate et sans condition du président Laurent Gbagbo, la libération sans condition de tous les prisonniers politiques, civils et militaires, le retour sécurisé de tous les réfugiés politiques dans les plus brefs délais, la restitution de toutes nos forêts, plantations et autres biens confisqués, le retour dans leur sphère géographique des dozos et la démobilisation de tous les supplétifs des FRCI ».
Libération de Gbagbo : Affi rassure la CPI Sur la libération de Gbagbo, Affi N’Guessan a indiqué le bureau du procureur n’ayant aucune preuve contre le fondateur du FPI, qu’il soit mis en liberté. A ce sujet, il a tenu à rassurer la CPI. «Nous ont leur dit, laissez-le, vous
n’aurez pas de problème. On vous garantit que vous n’aurez pas de problème. On a le médicament pour que s’il sort, ça contribue au contraire à la paix et à la réconciliation en Côte d’Ivoire. Et comme ils n’ont rien trouvé, nous avons bon espoir parce que Gbagbo ne peut
qu’être libéré parce qu’il n’y a rien contre lui», a déclaré Affi N’Guessan sous les acclamations de la foule. Il a également ajouté que la libération des détenus politiques et le retour des exilés sont aujourd’hui incontournables.
Parce que, a-t-il fait remarquer, « on ne peut pas parler de paix, on ne peut parler d’entente quand certains parents ont le coeur chargé parce que soit leurs enfants sont en prison ou en exil. S’ils sont en exil, ils ne peuvent pas avoir la tête à la réconciliation, ils ne peuvent pas avoir la sérénité pour aller à la réconciliation ».
Affi : «Ceux qui ont tué les Ivoiriens se pavanent»
A ce propos, l’ancien locataire de la primature a expliqué que les états généraux de la république proposés par le FPI permettront de régler toutes ces questions. Mais aussi de faire la lumière sur l’histoire de la Côte d’Ivoire que les actuels tenants du pouvoir veulent falsifier en brocardant chaque jour Gbagbo et son parti. En tout cas pour Affi
N’Guessan, le pouvoir d’Abidjan qui affiche arrogance est mal placé pour se jouer les donneurs de leçons après les atrocités et les tueries massives qu’ils trainent sur l’autel de leurs ambitions de prendre le pouvoir vaille que vaille depuis au moins 2002. «Se serait l’occasion
pour nous aussi et pour nos partisans qui ont été des victimes de venir
parler devant la nation des souffrances que ces victimes là ont endurées de manière à ce que les gens voient avec quelle férocité, avec quelle méchanceté ceux qui ont attaqué la Côte d’Ivoire le 19 septembre 2002 ont opéré. Il faut que cela soit connu. Il faut que les gens voient qui sont ces gens-là, quel est leur vrai visage de manière à ce qu’on ne voit pas ce qu’on observe à Abidjan ! Des gens qui ont égorgé mais aujourd’hui ils se pavanent parce qu’ils savent que leurs crimes ne sont pas connus. Ils sont dans les grosses voitures, ils se
présentent à la télévision, ce sont eux qui sont devenus les références en Côte d’Ivoire aujourd’hui, les repères, des modèles. Nous ne pouvons pas tolérer ça. Il faut que ce qu’ils ont fait pour
arriver là où ils sont soit connus et que parce que c’est connu ils aient un profil bas», a-t-il déclaré.

Par Anderson Diedri,
Envoyé spécial

- Par Le Nouveau Courrier