Alassane Dramane Ouattara, était en déplacement samedi à Zwedru, dans le Comté de Grand Gedeh, au Libéria, où il a croisé son homologue libérien, Helen Johnson Sirleaf. Il a appelé les nombreux ivoiriens encore réfugiés au Libéria à rentrer au bercail. Mais il n’a pas réussi à dissiper leurs inquiétudes fondamentales. 

ls en font quasiment un préalable. L’expulsion des Burkinabè de leurs terres qu’ils occupent depuis la fin de la guerre postélectorale de 2010-2011. Les réfugiés ivoiriens, contraints à rester dans leurs habitations de fortune pendant le séjour du chef de l’Etat ivoirien en terre libérienne, ruminent le départ des Burkinabé de leurs terres. « Si Alassane Ouattara fait partir aujourd’hui les Burkinabè qui occupent de force nos terres, dans moins d’un mois, il n’y aura plus d’Ivoirien réfugié au Libéria».

Tout comme cette jeune femme qui tient ces propos, faisant office de porte-parole de Solo camp, deuxième camp de réfugiés ivoiriens au Libéria, nombreux sont les pensionnaires de ce centre d’accueil humanitaire et celui de Ptp, le plus important camp de réfugiés ivoiriens, qui partagent le même avis ce samedi matin 19 octobre. C’està-dire peu avant les adresses d’Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire et de Helen Johnson Sirleaf du Libéria aux chefs traditionnels wê des deux pays regroupés au sein d’une structure de réflexion, qui venaient de plancher à Zwedru sur les questions liées notamment à la prévention des conflits armés, la consolidation de la cohésion sociale et au développement agricole. Cela, dans le cadre, selon le chef de l’Etat ivoirien, de la reprise de la coopération bilatérale. «Nos populations ont une histoire commune comme témoignent les crises qui ont secoué les deux pays. On constate une nette amélioration sécuritaire au niveau frontalier…

Aux réfugiés ivoiriens, je leur demande de rentrer au pays ; le pays vous attend», lance-t-il, soulignant toutefois que les attentes sécuritaires des populations sont légitimes. Allusion faite aux traques dont certains réfugiés sont l’objet dès leur retour au pays. Autre chose non négligeable, les cadres et les élus de la région des réfugiés ivoiriens, conduits par le président du conseil régional du Cavally, Dagobert Banzio, n’ont pu avoir accès aux camps des réfugiés. «Un piètre sécurocrate assis quelque part dans un bureau a cru bon de mettre en place cette situation fâcheuse», ne peut s’empêcher de dénoncer le colonel député Oulata Gaoudi. Ces dispositions, selon des sources concordantes libériennes, viseraient à prévenir un attentat contre l’illustre hôte.

Félix Teha Dessrait
dessrait@yahoo.fr
Envoyé spécial au Libéria, Notre Voie