Simone Gbagbo, l'épouse de l'ex-président de la République, continue d'être gardée dans une villa à Odienné, à l'extrême nord-ouest de la Côte d'Ivoire, par les autorités ivoiriennes en vue d'un éventuel procès pour '' génocide, viol, crime contre l'humanité et crime de guerre ''.

Elle est détenue pour des crimes commis lors de la sanglante crise post-électorale qui a fait 3.000 morts, selon l'ONU. Les mardi 4 et mercredi 5 février 2014, la célèbre prisonnière d'Odienné a été entendue par le doyen des juges dans l'affaire qui la concerne. Aujourd'hui, l'on est en mesure d'éclairer l'opinion sur ce qui se prépare pour l'ex-Première dame, alors que certaines rumeurs persistantes dans le microcosme politique ivoirien avaient vite fait d'annoncer sa mise en liberté provisoire, comme cela est déjà le cas d'une centaine de prisonniers politiques. Mais selon des sources proches des autorités sécuritaires ivoiriennes, tout serait mis en œuvre pour « la ramener à Abidjan et l'installer dans une villa ici à Abidjan ».
Notre source nous a confié qu'il n'est pas évident qu'elle soit libérée de si tôt, mais pour les besoins de la réconciliation nationale et surtout dans le cadre de la décrispation sociopolitique, Simone Éhivet Gbagbo pourrait être maintenue en détention, mais en résidence surveillée à Abidjan. « Cela va davantage la rapprocher de ses parents et connaissances, qui sont obligés de parcourir plus de 800 km s'ils ont une autorisation de la rencontrer. En plus, à Abidjan, elle peut bénéficier de soins médicaux directs, si elle a un souci de santé. Sinon, je ne crois pas qu'elle puisse être libérée maintenant », a affirmé notre interlocuteur au cours d'un entretien.
Cette information liée au maintien de Mme Gbagbo en détention a même été confirmée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, des Droits de l'Homme et des Libertés publiques, Mamadou Gnénéma Coulibaly, dans un entretien accordé à un confrère et publié le mardi 11 février 2014. « Il y a très peu de chance que Simone Gbagbo et Blé Goudé soient mis en liberté provisoire. Je pourrais même dire que c'est quasiment impossible », a-t-il confié au confrère, ajoutant que les juges d'instruction n'ont jamais évoqué la probabilité d'une liberté provisoire pour ces détenus. Gnénéma Coulibaly a surtout présenté la difficulté qu'il y a à libérer ces deux prisonniers.
À l'entendre, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé étant visés par des mandats d'arrêt internationaux, il serait embarrassant pour le pouvoir d'Abidjan de les mettre en liberté sans aucun justificatif valable à donner notamment à la Cour pénale internationale (CPI). « Pour le moment, la justice ivoirienne estime qu'elle est en mesure de les juger en Côte d'Ivoire. Par conséquent, ils n'iront pas à la CPI. Dans ce contexte, comment les mettre en liberté provisoire sans que la justice internationale ne revienne à la charge ? », s'est-il interrogé. Notant que pour ces deux cas, la liberté provisoire n'est pas à l'ordre du jour. Autrement dit, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé ne sont pas prêts de respirer l'air de la liberté de si tôt.

Hervé KPODION
Source
L'inter