Il a atteint son objectif, devenir chef de l’etat, par le biais d’une sanglante ré- bellion de dix ans achevée par une guerre armée internationale. «3 000 morts !» selon le bilan officiel, visiblement choisi.

Entouré de ses com’zones (anciens chefs de guerre) blanchis et riches, et d’une foule de mercenaires qui font le rodéo armé pour se faire verser la rançon du sang versé pour la victoire, alassane Ouattara s’est cru obligé de lancer un slogan civilisé comme mission sociale : «formater l’Ivoirien nouveau». seulement voilà, à deux ans de la fin officielle de sa présence à la tête du pays, la preuve est plutôt faite que c’est la violence qu’il a introduite dans le corps social qui fait des émules. cette violence est née avec la rébellion armée de 2002. elle a été accentuée et vulgarisée après la guerre postélectorale infligée aux ivoiriens. les com’zones avaient exclusivement recours à différents types d’atrocités sur les populations civiles. Bastonnades publiques, tortures physiques, emprisonnements massifs, souvent dans des conteneurs exigus et posés au soleil. tout y est passé. ces atrocités continuent de se dérouler, peut-être encore, dans certains hameaux reculés du pays où chasseurs traditionnels Dozos et autres chefs de guerre résiduels règnent en maîtres absolus. au début, il suffisait de déclarer la victime «pro-gbagbo» pour légitimer la torture qui lui était infligée devant ses parents impuissants. mais de nos jours, cette violence s’empare de l’élite dite intellectuelle du pays. sous nos yeux, elle est en train d’être raffinée. elle prend la forme de gifles. elle a été expérimentée pour la première fois à Pakobo, dans le département de taabo, au centre du pays.

Elle a été testée aussi par le député méambly, à facobly, à l’Ouest du pays. elle vient de faire son apparition à abidjan, avec le député Yah touré qui a franchi le rubicond, en giflant un policier. De surcroit une femme. ainsi prend forme l’ivoirien nouveau promis par Ouattara, lui-même installé au pouvoir par les armes. il fallait s’y attendre. le mancenillier ne produit jamais des mangues succulentes. c’est dans la nature des choses.