Le fait est inédit en Côte  d’Ivoire. Depuis qu’il a été renversé par la

France de Nicolas Sarkozy, le président Laurent Gbagbo et sa famille biologique son en proie à un harcèlement sans précédent de la part du bénéficiaire du coup d’Etat, Alassane Ouattara.

Tenez, alors  qu’il se trouve à la prison de la Haye, Laurent Gbagbo vient  d’être déclaré coupable de «braquage de la Banque Centrale

de l’Afrique de l’Ouest »

et condamné à 20 années d’emprisonnement ferme. Son

épouse, Simone Ehivet Gbagbo, acquittée des faits

de crime de sang, crime de guerre et génocide, a était

déjà condamnée, en mars 2015, à 20 ans d’emprisonnement

ferme pour « crime de complot contre l’Etat ». Leur

fils, Michel Gbagbo avait été condamné, dans le même

procès, à 5 ans de prison ferme. Mais cela ne semble

pas satisfaire Ouattara et ses juges. Vendredi 26 janvier

dernier, Michel Gbagbo a été condamné à 6 mois d’emprisonnement

pour « complicité de publication de fausses

nouvelles ».

Faisant le point, des observateurs se sont présenter l’ardoise

chiffrée du harcèlement de Ouattara contre Laurent

Gbagbo et sa famille : 20 ans pour le père, 20 ans pour

l’épouse, 5 ans et demi pour le fils. Cela fait exactement 45

ans et demi de prison ferme à partager entre trois membres

d’une famille. Ainsi présenté, la note est déjà ridicule, idiote

et pitoyable de la part d’un président imposé par les

armes pour, a-t-on dit, bonifier la démocratie en Côte

d’Ivoire. Mais au-delà de la

cellule familiale, ces condamnations font très peur en ce

sens qu’elles touchent une grande partie de la Côte

d’Ivoire et approfondissent la fracture sociale et font planer

l’incertitude sur l’avenir du pays.

Il ne faut jamais l’oublier :Selon les résultats du 2nd tour

de la présidentielle ivoirienne de 2010, ce sont 51% des

Ivoiriens qui ont voté pour Gbagbo (arrêt du Conseil

constitutionnel) ou 48% (chiffres de Youssouf Bakayoko au

QG de Ouattara pour légitimer la guerre pour renverser

Gbagbo). Cela signifie, dans tous les cas, que seul d’un

côté, Laurent Gbagbo se taillait la moitié de la population

ivoirienne face à Ouattara,Bédié et leurs appendices

réunis au sein du rHDP. De nos jours, personne ne peut

dire avec certitude que les frustrations engendrées par la

gouvernance rHDP de Ouattara n’ont pas fait prendre

plus d’ascension à la côte de popularité du président

Gbagbo.

Du coup, ce harcèlement contre cet homme et sa famille

biologique, ajouté à la répression sauvage contre sa

famille politique peuvent déboucher sur des ressentim

e n t s p o p u l a i r e s  insoupçonnés.

Que Ouattara et son clan au pouvoir en tiennent

compte, vu que l’opinion réclame de plus en plus la décrispation

politique. L’avenir du pays est en jeu.