L’ouest ivoirien, une poudrière ouverte - Un ex-combattant menace : « Nous ne déposerons jamais nos armes si nous n’avons pas de garanties ». Les autorités avouent leur impuissance .

L’ouest ivoirien, une poudrière ouverte - Un ex-combattant menace : « Nous ne déposerons jamais nos armes si nous n’avons pas de garanties ». Les autorités avouent leur impuissance .

La tenue des élections dans les zones de l’ouest de la Côte d’Ivoire restera une réelle question pour les autorités ivoiriennes, notamment la commission électorale indépendante. Et pour cause. Les dozos règnent en maître absolu dans les villages de l’Ouest de la Côte d’Ivoire qui a payé le lourd tribut dans la bataille pour le contrôle du pouvoir depuis septembre 2002 au 11 avril 2011. Plus de 4ans après la normalisation avec le changement de régime, la situation sécuritaire est préoccupante. Les indices d’une déflagration sociale sont présents. Le FS Lima Flgo à Touleupleu, Apwê à Duékoué, l’UPRGO à Bloléquin, le Miloci du côté de Bangolo, ces milices privées proches de Laurent Gbagbo continuent d’avoir pignon sur rue dans toute la région. Abandonnés à leur sort, ces jeunes qui ont pris les armes ne les ont jamais déposés. Ce vendredi 22 mai 2015, il est 17 heures quand nous empruntons la route non bitumée sur l’axe Guiglo-Tahi. Une pause à Kati, village situé à quelques kilomètres de Tai. G.S., ancien membre influent de l’Union populaire pour la libération du grand-Ouest, milice privée pro Laurent Gbagbo, dirigé par Oulai Delafosse en exil nous accueille. Après l’échange des civilités, notre interlocuteur hésite longtemps avant d’aborder le sujet. «Nous attendons toujours l’ADDR. Depuis des années ce sont des promesses. Rien de concret».

 

L’échec du désarmement et l’ADDR

 

A la question de savoir s’ils (lui et d’autres miliciens) détiennent toujours des armes ? Voici ce qu’il répond :« Nous avons nos armes. Nous n’allons jamais les déposer si nous n’avons pas de garantie. Je ne parle pas d’argent seulement. Regarde les dozos qui passent là-bas. Pourquoi on ne le désarme pas aussi. Ces dozos occupent nos villages et nos parents ne sont pas en sécurité et vous voulez qu’on dépose les armes». L’ex-combattant reste imperturbable après sa déclaration. A quelques kilomètres de là, une autre pause Sérégouébly. Le constat est le même. Des ex-combattants avec qui nous nous entretenons partagent le même sentiment. «Des gens occupent nos forêts et on ne sait pas d’où ils viennent. Un jour ils peuvent chercher à nous tuer. Avec quoi on va se défendre si on dépose les armes ? », confie Richard gagné par l’énervement.

 

Que faire côté ADDR face à une telle situation ?

 

Une représentation de l’Autorité de démobilisation, de désarmement et de réinsertion existe dans la région. Cette structure de l’Etat selon des informations est appuyée par Maho Gloféi, un ancien chef de milices du Front pour la libération du grandOuest. Depuis le lancement des activités dans cette région, moins du dixième des ex-combattants a été pris en charge selon des sources.
Hésite-t-on à réinsérer des miliciens qui ont soutenu le camp adverse ? C’est la question que se posent les miliciens qui dénoncent la partialité de l’autorité de démobilisation, de désarmement et de réinsertion, dans l’opération. Après une quarantaine de minutes d’entretien, retour à Guiglo et le cap est mis sur Ziglo, village situé à quelques kilomètres de Bloléquin, axe conduisant à Touleupleu, à la frontière du Libéria. Nous empruntons par la suite une piste pour se rendre dans un campement. Là, les dozos ont établi un véritable quartier général. «C’est ici qu’ils sont établis et ils font la police dans tout le canton. Parfois, ils font des barrages pour rançonner les camions de cacao. C’est une situation terrible ce que nous vivons ici» Notre guide ne décolère pas également contre les forces de l’ordre qui laissent pourrir la situation. Il est de plus de 23 heures quand nous rentrons à Guiglo où nous avons établi notre quartier. A moins de cinq mois de la présidentielle, l’ouest de la Côte d’Ivoire ne rassure pas au plan sécuritaire. Alors qu’une visite d’Etat du chef de l’Etat y est annoncée.

Source : 5minutes.info

 

 

Côte d’Ivoire-désarmement : les autorités avouent leur impuissance face aux ex-combattants délibérément armés

Un réel casse-tête pour le gouvernement ivoirien. Plusieurs armes aux mains des ex-combattants armés délibérément circulent et continuent d’être une menace sans ambigüe pour les populations. L’Etat s’arrache les cheveux devant une catastrophe en construction.
C’est alors que le directeur général de l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (ADDR) Fidèle Sarassoro croit lancer vendredi à Abidjan un « ultime appel » aux ex-combattants de la crise ivoirienne afin qu’ils déposent les armes. Paroles en l’air !
« Nous visons la démobilisation et l’intégration de tous les ex- combattants d’ici le 30 juin. Au-delà du délai, tous ceux continuant de détenir des armes de façon illégale ne pourront plus bénéficier de la couverture de ce processus volontaire », soutient M. Sarassoro.
Au cours d’une récente visite officielle dans le sud du pays, le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara avait réitéré l’appel aux ex-combattants encore dans les camps militaires ou sur les sites publics ou privés pour qu’ils s’intègrent dans le processus de démobilisation, de désarmement et de réinsertion.
« J’ai instruit le ministre chargé de la Défense et le chef d’état-major général des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) de s’assurer que tous les ex-combattants qui sont encore dans les camps militaires ou sur les sites publics ou privés intègrent le processus de l’ADDR et libèrent ces espaces avant le 30 juin 2015″, avait lancé M. Ouattara.
A en croire l’ADDR, plus de 54.000 ex-combattants de la crise postélectorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire ont été réinsérés socialement en trois ans. « 54.424 ex-combattants sur 64.000 ont été insérés à ce jour, soit un taux de réalisation de 85% », s’est félicité son directeur général Fidèle Sarassoro.
Plus de 45.500 armes, notamment des kalachnikov, des obus, des grenades, ainsi que 2,5 millions de munitions ont été collectées en trois ans en Côte d’Ivoire, selon cette institution en charge du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des ex- combattants.

I.O.

5minutes.info