Les détenus à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca), environ 5000, forment une population qui impose ce qu'elle veut aux gardes pénitentiaires.

Mais pour éviter les situations conflictuelles, ceux-ci sont obligés de céder à leurs caprices si bien qu'ils sont devenus des enfants un peu trop gâtés. Ce fut le cas, le jeudi 6 février 2014. De fait, lorsqu'environ mille éléments des forces de l'ordre ont voulu procéder aux fouilles des cellules, les détenus s'y sont opposées.

Des tirs se sont fait entendre. Plusieurs blessés ont été dénombrés. Il y a même eu perte en vie humaine, selon nos sources. Les responsables des prisonniers que les autorités rencontreront, plus tard, diront qu'il faut qu'ils soient informés avant toute opération du genre.

Il faut rappeler que l'an dernier, les forces de l'ordre avaient dû battre en retraite quand les prisonniers s'étaient attaqués à certains agents, lors de la fouille des
cellules. Et comme le 6 février, l'opération n'a pu aboutir. A en croire nos sources, des prisonniers sont de véritables potentats locaux. Il suffit que l'un de leurs cheveux soit touché ou qu'ils lèvent le petit doigt pour que le pénitencier soit en branle.

Conséquence, les gardiens des prisons sont obligés de jouer la prudence. Or, à défaut de disposer de postes de surveillance électronique et de caméras pour être à la seconde près au parfum des faits et gestes des détenus, les gardes pénitentiaires doivent procéder aux fouilles. Ce qui permet de mettre la main sur des objets qui sont interdits d'accès dans la maison de correction comme la drogue, les objets contondants, la boisson alcoolisée... « En principe, les fouilles doivent se faire à tout moment.Mais compte tenu de certaines contraintes, ici, on est obligé de temporiser », a expliqué une source.

Comme on le voit, être garde pénitentiaire à la Maca, c'est de la mer à boire. Si l'on ne peut pas pas fouiller les cellules des détenus à tout moment, comment peut-on découvrir des objets qui pourraient servir à des évasions. Le garde court lui-même un danger de mort. Il urge que des mesures vigoureuses soient prises par les autorités pour que les rôles ne soient pas inversés entre gardes et détenus.

Dominique FADEGNON