autre presse Publié le 15 mars 2021

autre presse Publié le 15 mars 2021

L’artiste chanteuse Mahély Ba, membre actif de la résistance patriotique ivoirienne est à la tête d’un Comité qui prépare la célébration de l’ancienne Première Dame Simone Ehivet Gbagbo le 20 juin 2021. Dans cet entretien, elle donne plus de détails sur l’organisation de cette fête.

 

Mme Mahély Ba, d’où vous est venue l’idée de célébrer l’ancienne Première Dame Simone Ehivet Gbagbo ?

 

Moi, je ne célèbre pas la Première Dame, mais je célèbre la combattante. L’idée du challenge est un peu spirituelle mais c’est sûrement venu de l’amour sans faille que j’ai pour maman Simone Ehivet Gbagbo.

 

Et c’est quand la date de cet événement ?

 

La date que le Seigneur m’a inspirée, c’est le 20 juin. Parce que je considère que c’est le 20 juin que Dieu l’a fait naître sur notre sol. Donc, c’est le 20 juin qui est sa date à elle où elle va être célébrée. C’est ce jour que mes sœurs et moi qui sommes dans l’organisation, nous voulons lui dire merci de nous avoir ouvert les yeux, nous, femmes. On veut lui dire merci pour l’émancipation de la femme.

 

Lui dire merci de nous permettre de nous dire que ce n’est pas parce qu’on est femme, qu’on ne peut pas participer au développement d’un pays, à l’évolution d’une nation. La femme ne doit pas seulement être reléguée au second plan, elle peut donner des idées ; Simone Gbagbo l’a démontré.

 

Elle était là, elle était mère, elle était épouse, mais elle était d’abord camarade de lutte. Et c’est dans la lutte que son mari et elle se sont rencontrés. C’est parce qu’ils ont vu qu’ils partageaient la même vision qu’ils se sont mis ensemble. Feu Aboudrahamane Sangaré l’a bien signifié.

 

Comment cela ?

 

Il l’a dit, que c’est elle qui a eu l’idée de créer un parti politique. C’est elle qui leur a soumis cela. Parce que, eux, manifestaient leur mécontentement contre Houphouët-Boigny sans penser un jour créer un parti politique qui soit légalisé pour être reconnu comme des opposants comme ils ont commencé à le faire depuis l’école. Donc, on peut être femme et donner ce genre d’idées qui puissent participer à l’évolution d’un pays.

 

Donc, Simone Gbagbo, ce n’est pas simplement l’épouse de Laurent Gbagbo. Elle a été plus que cela. Elle est plus que cela. Elle a permis à la femme de s’émanciper aussi comme l’ont fait les Winnie Mandela, les Marie Koré, la Reine Nzinga de l’Angola, les Amazones, ces femmes, gardes de corps de Kadhafi, sa garde rapprochée … (…)

 

Donc, je dis, on peut être femme et participer vraiment à un combat, robuste qu’il soit, la femme peut, si elle veut, elle peut. Et Simone Gbagbo s’est levée. Quand on regardait parmi les hommes, la seule femme qu’il y avait là-bas, c’était Simone Gbagbo. Elle était dedans et elle a subi des choses…

 

Avez-vous son accord ?

 

Cela fait au moins 10 ans que j’ai embrassé le combat de madame Simone Ehivet Gbagbo et j’arpente les capitales européennes et au-delà, pour porter son combat et expliquer au monde qui est cette grande historienne et enseignante.

 

Est-elle informée ?

 

Cela a été une surprise que je pense agréable pour elle. Lorsque le seigneur m’a inspirée pour lancer ce challenge, c’était spontané. J’aimerais rappeler qu’en tant qu’artiste, je travaille sur inspiration divine, d’où l’appellation ” œuvres de l’esprit ” lorsque l’on veut désigner la profession de l’art. J’ai toujours partagé les images de maman Simone Ehivet Gbagbo depuis au moins 10 ans sur ma page, organisé des meetings et autres marches en son nom. Nous ne la prévenions pas pour autant.

 

Le pagne que je vous vois porter ou brandir, c’est l’uniforme ?

 

Ce pagne, spécialement a toujours capté mon attention sans que je ne sache pourquoi. Pourtant, elle (Simone Gbagbo) a plusieurs photos. Dieu ne parle pas au hasard, moi, je prie beaucoup. Simone Gbagbo a plusieurs tenues dans les pagnes.

 

Pourquoi c’est celui-là, moi qui ne connais pas les noms des pagnes, qui a capté mon attention ? Et c’est à la veille de mon départ à Lourdes, que moi qui suis vendeuse de pagnes, par ailleurs, je vais voir dans le lot qu’on me propose et je vais demander deux complets.

 

Je ne sais pas ce qu’il y avait derrière ce pagne qui m’attirait. De tous les autres pagnes qui étaient là et qui étaient beaux, c’est celui-là qui a capté mon attention. Pourtant cette photo n’est pas la meilleure, mais c’est celle-là qui a attiré mon attention. Et avant d’aller livrer des clientes en province, je suis revenue chez moi et une voix me dit : « Partage ! Partage ça ! » Et j’ai partagé…

 

Comment cet événement va-t-il se passer ?

 

La célébration de la venue au monde du Dr Ehivet Simone Epse Gbagbo se fera en plein air avec des témoignages de personnes qui la connaissent très bien, des prestations artistiques, la tombola, etc… En juin, je prévois de grandes choses.

 

Et je vous informe que je veux créer une Fondation internationale Simone Ehivet Gbagbo. Et cela, pour l’émancipation de la femme, l’alphabétisation de la femme, beaucoup de choses. La Fondation va dispenser des enseignements aux femmes, aux filles…

 

On va aller à travers le monde pour parler d’elle. La Fondation va assister des gens qui sont démunis, des filles qui sont désespérées, violées, c’est cela. Avec Simone Gbagbo, c’est tout cela, c’est l’amour du prochain, le don de soi.

 

Parce que là où on la bombardait, elle pouvait dire : non, je préfère protéger ma vie et protéger mes enfants. Elle n’a pas fait cela, elle est restée là, elle a vécu les bombes avec son mari. Donc, Simone Gbagbo aussi, c’est le don de soi.

 

Elle a donné sa vie pour un peuple. Un peuple, elle ne nous connait pas individuellement, mais c’est pour un peuple qu’elle a failli mourir, donc il faut qu’on le lui rende. De même que j’aime Laurent Gbagbo, j’aime Simone Gbagbo aussi. Parce que je me vois à travers elle, c’est pour cela que je l’aime. Je l’ai appelée mon icone, je l’ai appelée ma boussole.

 

Où vont se dérouler les manifestions de cet événement ?

 

Paris va organiser sa part, Toulouse va organiser sa part, une manifestation est prévue en Allemagne et j’ai d’autres contacts ailleurs. L’idée, c’est qu’il y ait plusieurs pays qui vont organiser simultanément cette fête. Donc, il n’y a pas que Paris, il y a l’Italie qui va fêter, il y l’Angleterre, il y a New-York, il y a Abidjan aussi et ce sera le même 20 juin 2021.

 

De sorte que, elle sera assises et les gens vont lui montrer les images de sa célébration à travers le monde. Et le monde verra que ce n’est pas une histoire de pagne. Moi, je veux qu’on parle d’elle de son vivant, je veux que le monde sache qui elle est.

 

Et l’image qu’ils ont donnée d’elle comme ils ont fait de Winnie Mandela, le 20 juin, nous, on va effacer ça. C’est cela le but, donc ça sera organisé un peu partout où il y a des Ivoiriens.

 

Quels sont tes partenaires dans l’organisation de cette fête ?

 

Mes partenaires sont mes sœurs et frères qui partagent le même amour pour la Première Dame Simone Gbagbo depuis des années.

 

Le FPI est-il associé à cette célébration ?

 

Aucun parti politique n’est associé à notre organisation. C’est nous qui organisons cette grande fête de célébration de la venue au monde de notre maman.

 

Et le Président Gbagbo, est-il informé ?

 

Le président Gbagbo n’est point au courant. Il a dû entendre parler par ses proches qui sont sur ce réseau (Facebook-Messenger).

 

D’où tirez-vous les fonds pour financer l’événement ?

 

Les finances de cette célébration viendront de cotisations que nous, membres du comité d’organisation, allons réunir. Pour le pagne, Dieu a suscité des personnes qui sont en train de m’aider. Pour l’impression du pagne à son effigie, il y a des gens qui m’ont proposé de le financer. Il y a des gens derrière moi. Mais une surprise se prépare à propos de l’uniforme.

Entretien réalisé par
Germain Séhoué