Publié le 17 Août 2020

Publié le 17 Août 2020

Maître N’DRY Claver, avocat au Barreau de Côte d’Ivoire et libre penseur, a produit cette contribution au débat du projet de troisième mandat de Alassane Dramane Ouattara qui endeuille la Côte d’Ivoire. Sa lettre à son ami Klamman.

 

Cher Klamman,

 

Je te propose une nouvelle façon de penser. Voici ce qu’il nous faut pour sortir de cette maladie ivoirienne qui détruit la cohésion sociale depuis la mort du premier président Félix Houphouët-Boigny.

 

Regardons-nous droit dans les yeux et reconnaissons ce constat : l’Ivoirien est cupide et il est capable de vendre sa mère pour quelques billets de banque.

 

Certaines autorités, malheureusement en grand nombre ont chassé la morale de la politique pour faire de l’attachement à un poste, la fin qui justifie tout moyen. Y compris au prix de la vie humaine. On s’en fout.

 

On ment. On dit une chose le matin et on se dédit le soir. On tente de justifier l’injustifiable en buvant le ridicule. Il paraît que ça ne tue pas. Et ça, ce sont des personnes qui ont été ou qui sont des ministres en Côte d’Ivoire. Quel repère dans une telle nation !!! Comment regardent-ils leurs enfants après de tels mensonges ? J’ai vu et j’ai entendu certains élus de la nation. J’ai pensé au titre du livre d’un philosophe: la nausée de Jean Paul Sartre.

 

J’ai beaucoup réfléchi ces derniers temps. Voici ce qui va nous permettre de sortir de ce cycle de violence : la naissance d’une génération de rupture.

 

Il nous faut des personnes qui vont penser une autre façon de faire la politique. Je ne parle pas des personnes qui se battent pour venir faire autant que leurs prédécesseurs dans l’octroi des marchés publics aux membres d’un clan, dans la corruption, dans les nominations sur des bases ethniques, régionales ou d’appartenance politique … Je ne parle pas de ceux qui sont animés par le dessein inavoué de faire entrer tous les chômeurs de leur village à l’école de police ou à la gendarmerie.

 

La génération de rupture doit permettre à la Côte-d’Ivoire de se retrouver sans aucune considération de région, de religion, d’ethnie.

 

Espérant contre toute espérance en voyant ce spectacle macabre de ces derniers jours, j’ai foi en un lendemain meilleur.

 

À dimanche prochain s’il plait à l’Auteur de la vie d’en disposer ainsi.

 

Maître N’DRY Claver avocat au Barreau de Côte d’Ivoire, libre penseur