Gosse colere des syndicats estudiantins depuis l’annonce, la semaine derniere,
d’un projet de creation d’un Conseil, dit conseil des etudiants, par les services de
Cisse Bacongo, ministre de l’Enseignement superieur. Et dont l’existence consacrerait a jamais la dissolution des syndicats d’etudiants. Comme on pouvait s’y attendre, le puissant syndicat estudiantin
de Cote d’Ivoire a reagi. Pour Mian Augustin, secretaire general de la Federation estudiantine et scolaire de
Cote d’Ivoire (Fesci), ce syndicat ne se reconnaitra jamais en ce Conseil. « Nous attendons la décision qui va créer ce Conseil. La création de cette structure ne me gêne pas. Mais en aucune façon, ses activités ne doivent jamais empiéter sur la liberté d’expression des étudiants, sur les activités
des syndicats. Pour la Fesci, ce conseil est purement et simplement un prolongement de l’administration. On ne peut pas être juge et partie. Ce conseil ne pourra jamais identifier les
problèmes des étudiants, les poser et avoir des moyens de pression. C’est impossible
! Les élections seront supervisées par la présidence de chaque université. Mais diantre qu’attendezvous de celui qui va sortir de ces élections ?! Ce sera une marionnette. A
l’Ens, il y avait la section Fesci, et la délégature qui était la continuité de l’administration.
Nous avions combattu cette délégature qui ne posait pas les problèmes des étudiants. C’est la Fesci
qui luttait pour les intérêts des étudiants parce que nos textes prévoyaient
des moyens de pression. Cette délégature organisait en fin d’année des activités
socioculturelles après que les étudiants ont cotisé. Nous ne pouvons pas
cautionner ce Conseil qui n’est que le prolongement de l’administration. Et
qui ne pourra poser les vrais problèmes des étudiants. Le régime n’arrive
pas à se débarrasser des syndicats estudiantins dont la Fesci. C’est ce qui explique cette nouvelle trouvaille du ministre Bacongo. Ce projet est une manière détournée de dissoudre ces
syndicats. Nous sommes dans un Etat de droit. La Fesci est une association
d’étudiants régulièrement constituée. Nous avons notre récépissé depuis
1990. C’est le ministère de l’Intérieur qui a en charge d’invalider ou de valider
l’existence d’une association. La constitution autorise la liberté d’association.
Nous sommes légitimement et légalement constitués. Nous n’allons jamais
nous reconnaître en ce conseil même si un décret ou un arrêté est pris
par le pouvoir. Le régime Ouattara veut s’inspirer de ce qui se fait en
France. Mais là-bas, ce conseil existe mais cela n’empêche pas l’existence des
syndicats estudiantins comme l’union nationale des étudiants de France
(l’Unef), le mouvement des étudiants de France (Mef)…d’exister. Au sein du
Conseil, tous les syndicats sont représentés et leur nombre de places qu’ils
occupent est fonction de leur poids syndical. Ce qui n’est pas le cas ici où
les syndicats sont carrément exclus. Le pouvoir préfère composer avec les délégués
d’amphi qui ont le droit de siéger dans ce Conseil », avertit le leader
estudiantin.
C. B.

notrevoie /  du lundi 17 février 2014