« Depuis l’époque de Félix Houphouët Boigny, Yamoussoukro n’a pas encore eu de ministre. Nous espérons que cette fois-ci, nous aurons au moins un ministre », clame le doyen Kouassi Georges, autour d’un vin qu’il sirote en compagnie de deux amis qui approuvent l’idée.

 

Comme eux, ils sont nombreux les "yamsois" qui le pensent ainsi. C’est que la formation du nouveau gouvernement constitue le sujet développé dans les salons, les cabarets et divers lieux de rencontres dans la capitale politique et administrative depuis quelques jours.

 

Ici, les spéculations vont bon train. Chacun y va de son commentaire et de ses analyses. Pour le jeune Sanhin Rodolph, fédéral de la jeunesse du Front populaire ivoirien (Fpi), l’entrée de l’opposition et particulièrement de son parti dans le futur gouvernement ne serait pas mauvais. « Cela contribuera à la décrispation et renforcera davantage la réconciliation nationale », indique-t-il. Précisant que le dernier mot revient au président Affi N’Guessan.

 

Du côté du RDR, des jeunes rencontrés estiment qu’il faut du sang neuf. « Il faut que ceux qui ont duré dans le gouvernement laissent la place aux autres. Il y a assez de compétences au RDR », pense M. Losseni, un militant de ce parti. C’est la même appréciation que fait Kouassi Marius du PDCI qui souhaite voir le FPI dans ce gouvernement. Concernant son parti, il milite pour que le président Bedié propose de nouvelles personnes. « Il faut que le président Bedié change tous les ministres du PDCI. Ils ne sont pas les seuls cadres. Il faut faire la promotion de tous les cadres », recommande-t-il.

 

Dans l’ensemble, tous espèrent voir un proche ou une connaissance nommé dans le futur gouvernement. Les noms de Kouadio Konan Bertin dit KKB, candidat malheureux à la présidentielle de 2015, et le maire Gnrangbé Kouadio Jean, maire de la commune de Yamoussoukro circulent beaucoup sur les lèvres. Mais malheureusement, les avis des uns et des autres comptent peu. Parce que le Président de la République nomme les membres du gouvernement en fonction de son pouvoir discrétionnaire.

 

En attendant, tout Yamoussoukro a les yeux et les oreilles tournés vers Abidjan, dans l’espoir qu’un des leurs figurera sur la liste du gouvernement de Duncan.

Ce lundile président Ouattara échange avec Henri Konan Bedié pour la formation du gouvernement tant attendu.

 

KOFFI KOUAME