Le constitutionaliste ivoirien Martin Bléou a affirmé mardi que la procédure relative à la révision de la nouvelle constitution instaurée par le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara “ne favorise pas la réconciliation nationale” en Côte d’Ivoire, au cours d’une conférence de presse.

 

“Le processus en cours ne favorise pas la réconciliation nationale. Déjà 23 partis ne se sont pas retrouvés(…) et beaucoup de part d’entité, d’association ou d’organisation de la société civile s’y opposent, donc déjà il y a désaccord”, a dit M. Bléou.

 

Selon lui, la procédure suivie n’est “pas convenable, (…) si on la met en rapport avec les objectifs poursuivis par le président de la république qui sont essentiellement la réconciliation, la paix sociale et la stabilité des institutions”.

 

Pour le professeur Bléou, il faut que “tous s’accordent, parce que la vie politique n’est pas que l‘affaire des partis politique” et, l’ “essentiel étant d’obtenir un consensus de la totalité des forces sociopolitique”

 

L’universitaire a cependant indiqué que la procédure peut être “surmontée ou corrigée”, à condition que soit organisé, un “forum national, une concertation ou un dialogue national”, à l’occasion duquel “le texte émanant” du comité d’experts pourrait être examiné par des représentants des “forces sociopolitiques” pour être “remplacé par un texte consensuel”

 

Un groupe d’experts a été mis en place début juin afin d’élaborer cette nouvelle constitution qui sera soumise à un référendum entre septembre et octobre.

 

Le président Ouattara a par la suite entrepris des consultations avec l’opposition politique, des chefs traditionnels et guides religieux, afin de recueillir leurs propositions en vue de l’élaboration de la nouvelle Constitution.

 

Selon M. Ouattara, ce projet de la nouvelle constitution devrait prendre en compte la création d’un poste de vice-président “élu au suffrage universel” et d’un sénat.

 

Par Fatou DIALLO