«Chers amis, vous voudriez bien noter ma démission, ce jour, de la direction de communication de l’équipe de campagne du président Affi. J’ai atteint une limite que je ne peux dépasser.Je vous remercie pour votre parfaite collaboration », c’est la déclaration faite hier par le confrère Franck Anderson Kouassi, proche collaborateur de Pascal Affi Nguessan.

Par cette déclaration, le journaliste Franck Anderson Kouassi met fin à la collaboration qui le liait jusque-là à M. Affi Nguessan, président du Front Populaire Ivoirien. C’est un coup dur pour l’ancien premier ministre qui, en dépit de la déclaration de candidature de Laurent Gbagbo, s’entête à défier le fondateur de cette formation politique. Le vendredi 28 novembre 2014, en effet, l’ancien chef d’Etat actuellement incarcéré à la Haye, a confirmé, à travers un
courrier authentifié, qu’il accepte bel et bien de se porter
candidat à la présidence du Front Populaire Ivoirien,comme l’a souhaité la majorité des fédérations que compte ce parti.

Or Affi Nguessan avait argué que s’il était vérifié que Laurent Gbagbo est candidat, il se retirerait.Aujourd’hui, cela ne semble pas être le cas. L’on assiste plutôt à l’entêtement du dirigeant actuel de maison bleue, qui tient coûte que coûte à présider aux reines du parti leader de l’opposition,en dépit du désaveu de l’écrasante majorité des cadres et des militants du parti. Exercice difficile voire périlleux
pour « le lion du Moronou »qui essuie une véritable fronde ouverte des têtes fortes et des militants au sein de son propre parti. La démarche actuelle d’Affi Nguessan crée plutôt un malaise et une crise de confiance dans la famille des socialistes ivoiriens.

Ceux-ci reprochent à Affi Nguessan, sa propension à piétiner les textes et l’idéologie du parti, en faisant des déclarations et en posant des actes en contradiction avec la ligne du parti. Sur la question de la participation ou non du Front Populaire Ivoirien à la Commission Electorale Indépendante par exemple, le dernier comité central qui s’est tenu pour dégager la position du Fpi s’est soldé par la mise en minorité d’Affi Nguessan. Autre pomme de discorde : la participation ou non du FPI à l’élection présidentielle de 2015.
Affi Nguessan a fait des déclarations publiques pour exprimer la volonté du FPI d’aller à ce rendez-vous alors que les instances de ce parti n’ont pas encore tranché sur la question.

La logique aurait voulu, pour ces questions d’importance capitale, que le président du parti marche dans la droite ligne des décisions qui seront arrêtées par le congrès,qui est l’instance suprême. Et ceci, étant donné que le président d’un parti politique est le porte-voix et le porte-flambeau des aspirations de la base. C’est cela gestion démocratique d’une organisation.Aujourd’hui, ce à quoi se livre Affi Nguessan, en plus d’être une question éminemment politique, soulève une problématique de gouvernance pour laquelle Affi Nguessan devra rendre des comptes. Car un parti politique, c’est d’abord l’idéologie, la démarche, la stratégie et la tactique arrêtées et validées par les instances indiquées. On ne peut diriger une machine comme le Front Populaire Ivoirien, fer de lance du mouvement démocratique en Côte d’Ivoire,et vouloir faire cavalier seul dans la prise de décision engageant la vie dudit parti.C’est à la fois un déni de démocratie et un acte de mal gouvernance, dont le pendant politique représente une rébellion idéologique interne.
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