Le régime menace aujourd’hui de mettre aux arrêts, plusieurs cadres du Fpi qui poseraient un problème dans sa volonté de faire main basse sur ce parti, avec le soutien de la France. La vie de Sangaré Aboudramane est même en danger.

Le FPI pourrait subir une vague de répressions dans les jours ou les mois à venir. Et cela, avec la bénédiction et la caution de certains cadres du Fpi qui, aujourd’hui, jouent ouvertement le jeu du pouvoir et de ses parrains français. Car, dans sa guerre contre la Côte d’Ivoire, la France est véritablement contrariée par la résistance du Fpi qui traine avec lui, l’ensemble du peuple ivoirien. Dans ce cas, l’option a été prise de faire plier ce parti. Et lors de sa dernière visite en Côte d’Ivoire le jeudi 17 juillet 2014, François Hollande, le Président français s’est laissé trahir par cette obsession à faire plier le parti de Gbagbo. Ses sorties sonnent d’ailleurs comme des soutiens fermes au régime ivoirien dans sa logique de répression de l’opposition, plus précisément du Fpi. «Ce parti (Ndlr : FPI), s’il veut exister demain, doit être présent aux élections (…) Il y a des pays où l’on empêche les partis d’opposition de prendre part aux élections», menace alors Hollande. Une manière plus simple d’avouer que les Ivoiriens devraient se sentir heureux si les dirigeants du FPI sont encore en liberté.

Bien évidemment, au sommet du régime, on se frotte les mains avec de tels propos venant d’un Président français au départ présenté comme une menace pour les dictatures africaines. Surtout qu’avant son arrivée, le Rdr avait déjà donné les raisons de sa visite en Côte d’Ivoire. «Hollande arrive pour apporter son soutien à l’oeuvre de reconstruction et de réconciliation entreprise avec succès par le Président Alassane Ouattara et non pour se préoccuper du sort de personnes qui ont commis des crimes odieux pendant notre crise postélectorale, ou pour plaider la cause des bourreaux d’hier», avait alors écrit ce parti. Effectivement, à son arrivée, le Président français n’a pas fait mentir ce régime. Le «Président normal» offre alors du pain béni à Ouattara qui n’attendait pas mieux que ça pour passer à l’acte.
Depuis des jours, dans les laboratoires du faux du régime, tout est mis en place pour mettre aux arrêts, plusieurs cadres du Fpi qui ne voudraient pas intégrer le moule dessiné par la France pour faire plier la Côte d’Ivoire. Parmi ces cadres, figurent en bonne place, Laurent Akoun, Alphonse Douati, Koné Boubacar, Tapé Kipré et Koua Justin que le régime voit comme les têtes dures qui ne veulent pas tourner la page Gbagbo au sein de ce parti. Ces cadres pourraient être mis aux arrêts dans les jours ou mois à venir, avec la bénédiction de la France qui le demande d’ailleurs en pensant venir ainsi à bout du Président Gbagbo. Car, dans la crise ivoirienne, la France parle d’une même voie. Sarkozy et Hollande ont beau se glisser des peaux de bananes à Paris, en Côte d’Ivoire, ces deux ennemis travaillent en parfaite harmonie. Après plusieurs négociations et propositions indécentes, la France a finalement décidé de faire main basse sur le Fpi. En pensant ainsi, couper l’herbe sous les pieds au Président Gbagbo.

Mais l’incongruité est à venir. Selon des fuites en provenance de certaines officines du régime, il est question d’éliminer le professeur Sangaré comme cela a été le cas avec Diagou Gomont, anciennement maire de Cocody, mort dans des circonstances troubles dans son exil ghanéen. Une fois ce forfait accompli, le régime pourrait avec le soutien de ses sous-fifres qui pullulent dans plusieurs instances dirigeantes du FPI, mettre la main sur ce parti et en faire ce qu’il veut. En fait, en faire une opposition plus aux ordres de Paris que de la base. Avec des consignes et des «mots d’ordres» régulièrement pris auprès de l’ambassadeur de la France en Côte d’Ivoire. Comme on le voit, le fruit est dans le vers. Et on comprend pourquoi la direction du FPI est complément coupée de la base quand il s’agit de la question de la libération du Président Gbagbo.
Depuis, la colère ne fait que monter à Yopougon, Cocody, Marcory, Port-Bouët, Adjamé… car les militants ne comprennent plus rien. «Le FPI dit quoi par rapport au Président Gbagbo ?» Ne fait que s’interroger la base. Et le régime qui nourrit une peur bleue du Président Laurent Gbagbo peut se permettre de dire ce qu’il a envie d’entendre aux enquêteurs de la Cpi et à ses parrains. «Les Ivoiriens ont tourné la pageGbagbo». C’est ce discours que les hommes de Ouattara récitent régulièrement devant ses parrains. Pourtant c’est tout le contraire qui se passe en Côte d’Ivoire. «Il n’y a pas longtemps que j’ai eu une séance de travail avec un diplomate français, je lui a démontré qu’en Côte d’Ivoire, c’est Gbagbo ou rien. Et je crois qu’il m’a compris», explique à cet effet, un responsable du COJEP, le mouvement politique de Blé Goudé, lui aussi dans les liens de la détention à la CPI.
Source Notre Voie