Dans un communiqué rendu public, le jeudi 4 avril 2014, le procureur de république près
le tribunal de 1ère instance d’Abidjan-Plateau, Richard Adou, a annoncé le dégel des
comptes bancaires de 43 personnes proches du Président Laurent Gbagbo ou présentées
comme telles. La liste de ces personnes dont nous avons pu obtenir copie fait ressortir
des surprises qui mettent à nu la grosse farce du Pouvoir actuel vis-à-vis de l’opinion
publique. Premier constat ahurissant, 2 morts figurent sur la liste des 43. il s’agit de
l’ex-maire de la commune de Cocody (Abidjan), Diagou Gomont jean-Baptiste ainsi que
de l’ancien bouillant militant de la jeunesse du Pdci et fondateur d’un mouvement de soutien
à Bédié, jean-Claude Atsé Atsé. ils sont tout deux décédés en exil au Ghana.
Par manque de soins alors qu’ils étaient malades et leurs avoirs gelés par le régime
ouattara. Deuxième constat, certaines personnes figurant sur la liste ont déjà vu leurs comptes bancaires
dégelés depuis 2011 et 2012. C’est le cas, par exemple, d’Achy Valentin, d’Assémian
Alexandre Clovis dont les avoirs ont été dégelés en décembre 2011. Le journaliste et
actuel Pca /DG par intérim de La Refondation s.A, César Etou (Lahoua souanga
Etienne), et Adjéhi Atayé (Daf de La Refondation s.A, société éditrice du quotidien
notre Voie et de l’hebdo satirique Bôl’Kotch) ont vu leurs comptes dégelés en 2012. «Je
suis surpris de retrouver mon nom sur cette liste puisque mon compte qui avait été gelé
en juin 2011, a été dégelé le 6 avril 2012. D’ailleurs, je n’ai même plus ce compte bancaire
», nous a confié hier, surpris, César Etou. même sentiment pour Adjéhi Atayé
dont les avoirs ont été également dégelés à la même date. troisième constat, des personnes
figurant sur cette liste qu’on qualifie pompeusement de pro-Gbagbo sont, depuis
2011, soit proches du régime ouattara, soit actives dans l’administration actuelle. il
s’agit, par exemple, de siki Blon Blaise dit «Bulldozer» qui a quitté l’Udpci pour le Rdr,
parti d’Alassane ouattara. tyéoulou-Dyéla félix, proche de la ministre Anne oulotto,
était, jusqu’au 31 décembre 2013 (date de son départ à la retraite), président de la Cour
des comptes. soeur cadette de Vincent Lohouès, militant du Rdr et proche d’Alassane
Dramane ouattara, l’ex-ministre Anne-jacqueline Lohouès oble qui était en exil après la
crise postélectorale, a regagné le pays, en 2011, suite aux initiatives de son grandfrère
auprès d’Alassane ouattara. Enfin Lambert feh Kessé. Ex-directeur général
des impôts sous Laurent Gbagbo, il a quitté le Pdci et déposé ses valises au Rdr et
est depuis 2012, conseiller spécial du Premier ministre Daniel Kablan Duncan chargé
de la fiscalité. toutes ces personnes n’avaient plus leurs comptes gelés depuis trois
ans. Quatrième constat, le dégel enfin des avoirs de notre consoeur Awa Ehoura, anciennement
présentatrice-vedette du journal télévisé de la première chaîne de la télévision
publique nationale. souffrant depuis longtemps d’une maladie dont le traitement demande
beaucoup d’argent, elle a, plus d’une fois, lancé un appel au gouvernement pour
que ses comptes soient débloqués mais jamais elle n’a eu une oreille attentive. Ce sont
les populations ivoiriennes qui se sont mobilisées pour lui apporter une aide conséquente
afin qu’elle puisse rester debout. En acceptant de dégeler ses comptes trois ans après,
le gouvernement montre combien il est cruel. Dernier constat, sur la liste non exhaustive remise au gouvernement par le fpi, en janvier dernier, seules cinq (5) personnes figurent parmi les
«43 pro-Gbagbo» dont les avoirs ont été dégelés, jeudi, selon le communiqué du procureur
de la République. Aucun membre de la haute direction du fpi n’est sur la liste. ni Affi n’Guessan, ni aucun
autre dirigeant de premier plan du parti de Gbagbo n’est concerné. A la demande du gouvernement,
le fpi avait déposé, en janvier dernier, une liste non exhaustive de personnalités pro-Gbagbo dont les comptes
restent gelés par le régime ouattara. A la vérité, il s’agit d’environ 300 personnes, connues ou anonymes, qui ont leurs avoirs gelés depuis trois ans.

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