Moins d’un an avant la prochaine présidentielle, Alassane Ouattara confirme qu’il tient la vie de ses opposants
comme on tient son chien en laisse. Ainsi, quelque 83 personnalités, pour la plupart du FPI et en général proches
du président Laurent Gbagbo se retrouvent à nouveau devant la justice le 22 octobre prochain. Parmi elles, la direction
actuelle du FPI et son président Pascal Affi N’guessan, décidé à disputer la présidentielle à Ouattara qui
a cependant pris le soin de verrouiller la commission électorale indépendante et de mettre en alerte quelque 5000
miliciens selon les accusations de Mamadou Koulibaly. A deux mois du congrès du FPI et dans un contexte où
une partie des militants souhaite que Laurent Gbagbo revienne dans l’arène, même de manière symbolique, pour
redevenir le prochain président du parti, cet autre coup tordu du pouvoir constitue une manoeuvre de plus. Sauf
qu’elle va encore mettre plus en difficulté les Affi-dés qui avaient jusque-là minimisé les conditions sécuritaires
dans lesquelles le scrutin doit se dérouler.


Moins d’un an avant la présidentielle de 2015 et deux
mois avant son prochain congrès, le front populaire ivoirien, dont les militants sont divisés sur la question de la participation du parti à la prochaine présidentielle,
a désormais un nouvel os à ronger. Au terme d’un timing qui ne laisse aucun doute subsister, 83 de ses militants, ou
presque, qui avaient obtenu, au terme de procédures
antérieures, soit des non-lieux partiels soit une libération
provisoire, sont à nouveau convoquées par le
tribunal où elles doivent répondre des accusations de
crime, d’atteinte à la sûreté de l’Etat lors des événements
de la crise postélectorale…
devant la cour d’assises qui, d’ordinaire, ne juge que les grands criminels. Selon l’un des avocats des
accusés, une discussion technique a lieu actuellement
entre le collectif et le procureur, consistant à déterminer
l’espace où les 83 personnalités pourraient être regroupées. Ainsi la première possibilité serait de les ramener à la maison
d’arrêt et de correction d’Abidjan pour y passer le
temps que durerait le procès, ou encore les parquer
à la gendarmerie ou alors, dernière option, les laisser
quitter leur domicile pour se rendre à leur procès. Un
procès qui a d’ailleurs le mérite de surprendre même
les avocats qui, comme la plupart des Ivoiriens,
avaient cru que la procédure s’était arrêtée là, en
raison des attentes de la réconciliation
nationale. Or, depuis la semaine dernière, ceux-ci ont été
convoqués au grand étonnement de tous. Ce lundi
d’ailleurs, la mise en l’état du procès commencera par
la désignation des jurés, en présence des accusés et
de leurs avocats. Les accusés ont ainsi le droit d’en récuser
ceux qui leur paraissent peu fiables ou trop partisans. Puis le 22 octobre, le procès débutera par une vérification des
identités. Mais les arrières pensées d’un tel procès sont « indissimulables ». Car au plan politique, le timing des événements ne passe pas inaperçu. Les présidentielles
sont en effet prévues en octobre prochain et avant leur
tenue, le parti au pouvoir est confronté à l’opposition
qui refuse d’entrer à la commission électorale indépendante.
L’opposition en général mais surtout le FPI que le régime espérait rallier à sa cause, accuse en effet la CEI d’être inféodée au régime qui a tenté, il y a encore quelques jours,
de faire un geste en créant un nouveau poste de viceprésidence. Mais il y avait déjà de l’électricité dans
l’air, puisque dans la région de Daoukro où il était en visite
d’Etat, il y a quatre semaines, le chef de l’Etat
énervé par ce refus avait déjà mis en garde les dirigeants
du FPI. « Vous n’êtes qu’en liberté provisoire
», avait-il clairement menacé. Peut-on conclure avec
cette procédure que Ouattara a mis à exécution ses
menaces ? On pourrait le dire. Parce que les non-dits
politiques de ce procès sont nombreux. Alassane
Ouattara ne veut sans doute pas laisser le FPI se
réorganiser, surtout pas au moment où ceux que son
pouvoir présente comme l’aile dure du parti est en
train de reprendre du poil de la bête. Au besoin, le régime
pourrait ainsi profiter de ce procès pour faire
condamner ceux qui dérangent sa stratégie et relaxer
les malléables. Cependant, l’on ne sait si
l’épouse de Laurent Gbagbo qui est aussi concernée par cette procédure sera jugée à Abidjan. Ce serait alors la première
fois qu’on la verrait en public, après son arrestation
aux côtés de son mari le 11 avril 2011. En août 2013, 6 non-lieux avaient été prononcés et une personne décédée, le
syndicaliste Mahan Gahé, soit 83 personnes concernées
par la procédure qui s’ouvre ce lundi devant la
cour des assises d’Abidjan.

La liste des personnalités concernées

1-N’GBO AKE GILBERT MARIE
2-SANGARE ABOU DRAHAMANE
3-DOGBO BLE BRUNOT
4-BRO GREBE GENEVIEVE
5-DALLO DESIRE NOËL LAURENT
6-DACOURY-TABLEY PHILIPPE-
HENRI
7-KUYO TEA NARCISSE
8-KONE BOUBAKAR
9-BOGUHET SERGE MICHEL
10-GBAGBO MICHEL KOUDOU
11-AFFI N’GUESSAN PASCAL
12-GNAMIEN YAO
13-DIABATE BEH
14-GUIBONY SINSIN ROLAND
15-VAGBA GAGBEI FAUSSIGNAUX
16-ABOA HERMANN
17-DOGBO DJEREKE RAPHAEL
18-KATA KEKE JOSEPH
19-SOKOURI BOHUI MARTIN
20-KOIDOU DJAGORAN
CONSTANT
21-DASSE DAGOUROU JEAN
MARTIN
22-LOHOURIGNON KOUYO
MAURICE
23-SECKA OBODJI DESIRE
CHRISTOPHE
24-OUEGNIN GEORGES ARMAND
ALEXIS
25-BONI CLAVERIE DANIELLE
26-DEDI NEE TAPE MAZON
ADELE
27-BOHUI KOME ARMAND
28-LEBA GNAHON CHANTAL
29-KOUASSI FRANCK ANDERSON
30-ETTIEN AMOIKON HENRI
31-GUEZE KANON GERMAIN
32-GNAHOUA ZIBRABI NORBERT
33-BECHIO JEAN JACQUES
34-ADJOBI NEE NEBOUT AYA
CHRISTINE ROSALIE
35-DJEDJE ILAHIRI ALCIDE
36-TRE IGOR LANDRY
37-GNABELY HENRI THEODORE
38-BLE KANON SERGE
39-ZOKOU SERI CHARLES
40-DIE KEI DEHE SERGES PACOME
41-BLY MARIUS
42-YOBOUA KOUAKOU GHISLAIN
43-TAPE SERGE HONORA
44-ZEZE NAHOUNOU FLORENT
45-TANO KASSI EMMANUEL
46-LOGBO GUEDE ISIDORE
47-MEL N’DA GUY
48-N’GUESSAN N’GUESSAN
VENANCE
49-ZIZA KAKA JEAN LOUIS
50-YODE OZI NATHANAËL
51-BAI DREPEUBA PATRICE
52-DJEKOURI AIME
53-DAGO PASCAL CYRILLE
54-DAGO ANICET
55-DAGO WILFRIED
56-TAHI PAO FELIX
57-GLOFEHI DENIS
58-DODO ELEAZAR SERY
ZOKO
59-ZEZE KABI JEAN PAUL
60-OUGA ZOKOU SIMPLICE
61-WODJE DANIEL
62-BOA BI TRAYE VALENTIN
63-GUEI CYRIL
64-KEIPO JEAN PIERRE MARIUS
ALIAS PETIT MARTEAU
65-ZAHE MONDJOMBLE JEAN
BRICE
66-DEAGOUE ZIGUI MARS
AUBIN
67-TEHE MARC
68-SEYDOU YEO ALIAS DOCTEUR
69-BASSOUA DONALD
70-KOTIA ARNAUD
71-ATTOUMOU N’GUESSAN
HENRI CARLOS
72-KOFFI N’DRI BONIFACE
73-MINH ZAH GEDEON
74-TOURE LAKOUN JEAN
LOUIS
75-DIALLO ISSIAKA
76-EDJRO NOMEL JONAS
77-TONDE BONFILS
78-ABBE HONORE
79-TUO GNENEGNIME ALIAS
CHEF TONNERRE
80-BOUGUHE GNAPY ARSENE
81-ZOKOU SERY GBALE KEVIN
82-KOUATCHI ASSIE JEAN
83-EHIVET SIMONE Epse
GBAGBO

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