excellence monsieur le Président de la république, Au lendemain de la crise militaro-politique du 19 septembre 2002, environ 90% des fonctionnaires et agents de l’etat (pris de panique pour certains et pour répondre à l’appel de l’ex- Président Laurent Gbagbo pour d’autres) se sont rués vers les zones sud dites gouvernementales abandonnant du coup la population en détresse. Seulement 10% environ sont restés en luttant sous la pluie et le soleil, driblant les balles de Kalachnikov pour assurer le service minimum. Ces derniers étaient constitués en majeur partie des fonctionnaires du ministère de l’education nationale
et des agents de santé. Ainsi, progressivement, pendant que l’ecole reprenait vie ( de l’ecole pour
tous à une ecole reconnue) les agents de santé donnaient des soins curatifs dans la mesure de leur possibilité et prévenaient des épidémies à travers des vaccinations de masse. L’ecole a protégé la jeunesse
contre la délinquance juvénile, la prostitution, la consommation de la drogue et les grossesses précoces.
en 2003, l’etat ayant constaté les effets positifs de cet état de fait, va emboîter le pas à ces fonctionnaires
courageux en créant le CNPra, le Comité National de Pilotage pour le redéploiement de l’administration. Cette structure avait pour objectif de faire un redéploiement de fonctionnaires dans les zones CNo ( Centre- Nordouest) accompagné de primes d’installation et d’incitation.

Les primes d’installation étaient payées en deux temps pendant que les primes d’incitation étaient
payées mensuellement sur une période de douze mois, quarante-cinq jours après le paiement de la prime d’installation.
A ce jour, nous vous faisons le point de la situation. Les fonctionnaires concernés se divisent en quatre
groupes :
Le premier regroupement d’effectif 9.313 concerne les fonctionnaires résidant et redéployés sur la période de
2003 au mois de juin 2006. Ce Premier groupe a totalement perçu ses deux primes d’un montant de
3.729.425.000 francs Cfa depuis la fin de l’année 2009 ;
Le deuxième regroupement au nombre 7.914 sur la période allant de juin 2006 au 30 mars 2008 a seulement
perçu sa prime d’installation qui s’élève à 3.251.330.000 francs Cfa depuis le mois d’Août 2012. L’etat reste
donc devoir à ce groupe la prime d’incitation d’un coût total de 2.914.920.000francs Cfa ;
Le troisième groupe dénommé contentieux concerne les omissions, les erreurs sur grade et des
tranches non perçues. Leur effectif est de 363 dans toute l’ex-zone CNo. et la valeur totale de leurs deux
primes est de 114.500.000francs Cfa ;
Le quatrième et dernier groupe est formé d’agents du ministère de la justice. La valeur de leurs primes
s’élève à 82.000.000 francsCfa.
Au total, au sortir de cette analyse, il ressort que l’etat de Côte d’ivoire reste devoir la somme 3.111.920.000
francs Cfa à plus de 8277 fonctionnaires et agents de l’etat des ex-zones CNo.
Aussi est-il bon de signaler qu’à la faveur des difficultés faites pour le paiement de ces primes et en raison
d’autres difficultés rencontrées par les fonctionnaires en l’absence de l’existence de syndicats, sont nées des
organisations pour lutter pour leurs intérêts depuis 2006. Ce sont :
ufaes : union des fonctionnaires et agents de l’etat des savanes ;
ufaed : union des fonctionnaires et agents de l’etat du denguélé ;
Cfaev : Coordination de fonctionnaires et agents de l’etat de vavoua ;
moforCi : mouvement des forces de Côte d’ivoire (Bouaké) ;
Cfs : Coordination des fonctionnaires de séguéla
Cofaem : Coordination des fonctionnaires et agents de l’etat de man.
C’est donc en tant que porte-parole des six organisations sus citées que l’UfAeS vous adresse cette
lettre ouverte. excellence, monsieur le Président de république, si nous sommes passés par
cette voie, c’est parce que nous constatons avec amertume qu’il y a un blocage dans le processus de paiement de nos primes .Par ailleurs, nous avons essayé en vain d’attirer votre attention à travers des discours ou des pancartes lors de vos différentes visites d’etat dans nos zones ( ex-zones Cno). notre inquiétude s’est aussi agrandie avec la dissolution de la structure CnPrA décidée au Conseil des ministres du mercredi 12 mars 2014. n’ayant plus d’interlocuteur direct, nous pensons excellence monsieur le
Président de la république que vous êtes notre dernier espoir capable de trouver une solution rapide à notre
problème. excellence monsieur le Président de la république, l’espoir de plus de 8.277 fonctionnaires et agents de l’etat des ex-zones Cno de voir payer rapidement leurs primes d’installation et d’incitation
repose sur vous. nous souhaitons donc que vous pesiez de tout votre poids pour la régularisation
de cette situation qui n’a fait que trop durer .
Président de l’ufaes
Golly Koffi bernard
Korhogo, le 30 mars 2014