Agent d'artistes bien connu dans l'univers du show biz ivoirien, Takoué José Sylvanus, alias Joss Men Joss, est sur le point de mettre en place une plate-forme pour jauger l'audience des artistes ivoiriens. Mais avant, il évoque sa collaboration avec les artistes tout en se prononçant sur le vrai-faux débat sur l'audience du zouglou et du coupé-décalé à travers le monde.

Vous avez bossé avec beaucoup d'artistes, Joss Men Joss, que faites-vous exactement?

Aujourd'hui, je dirais plutôt que je suis un agent d'artistes, tourneur et promoteur de spectacles. Je bosse avec de nombreux artistes.

 

Vous envisagez, semble-t-il, une  tournée européenne avec des artistes en Europe ?

Je prépare une tournée en Europe où j'entends organiser des spectacles avec  des artistes en vogue présentement au pays. Je viens de prendre des attaches avec Bongo Lova, Débordo Likufa, Dedordo de Lousana. Ce sont les trois artistes pour lesquels je suis là. Il s'agira d'une tournée en Europe qui permettra à ces jeunes qui font du bon travail, de se faire connaître. Ils partent début mars pour une tournée  européenne. Nous allons sillonner de nombreuses villes de France mais aussi en Italie, la Hollande, etc.

 

Pourquoi le choix de ces artistes?

Ce sont les artistes qui sont d'actualité. Ce sont ces articles que le public réclame. Et comme nous faisons du business, on ne peut pas faire plaisir à un artiste qui n'a pas de cote de popularité ; pour dire qu'on va investir pour ne rien gagner. Pour le moment, on travaille avec ceux qui vendent.

 

Comment faites-vous pour vous en sortir avec ces artistes qui, dit-on, sont difficiles à gérer?

Je pense que c'est un milieu où il faut être très franc et réaliste. Et éviter d'être un''doubleur'' comme on le dit ici. Quand tu es honnête avec les artistes, ils sont prêts pour toi. Je suis beaucoup honnête, ce sont des gens avec lesquels j'ai des relations de grands frère à petit frère. Je les encadre bien et je n'ai aucun souci avec eux.

 

Vous semblez porté sur l'organisation des spectacles en Europe et pas en Côte d'Ivoire, pourquoi cela?

 J'ai déjà organisé des spectacles ici. Mais j'ai été choqué par  l'esprit qui prévaut dans l'environnement du show biz ivoirien.  On est dans un esprit de copinage. Il faut forcément passer par certaines personnes, sinon tu n'as pas de sponsor. Ou bien on te ferme carrément la route. Malgré notre détermination, quand on se rend compte qu'il y a une maigre mafia qui sévit, c'est décourageant. Chez le Blanc, certes il est hypocrite, mais il sait ce qu'est le mérite. Il ne joue pas avec ça. Je  préfère me contenter du peu que je gagne en Europe. J'aime quand tout ce qui est fait est loyal, quand tout se fait dans la transparence. Et que le mérite est reconnu. En l'état actuel des choses, ça ne m'intéresse pas d'organiser des spectacles à Abidjan.

 

Quel est votre regard sur le zouglou et le coupé-décalé,?

Je suis militant de la musique africaine. J'aime la culture ivoirienne. C'est vrai qu'on est dans le business, mais  on est tous là pour propulser la musique ivoirienne parce que c'est notre affaire. Le zouglou, qu'on ne se voile pas la face, c'est une musique locale. Ce n'est pas facile de percer  avec le zouglou en Europe.  Pour preuve, les ténors de ce rythme se sentent obligés de faire autre chose pour accompagner ça. Ils ne font plus le zouglou uniquement. Alors  que le coupé-décalé, c'est une ambiance que les gens reconnaissent partout à travers le monde. Aujourd'hui, le coupé-décalé est le plus demandé dans le monde. Il se vend mieux. Qu'on l'aime ou pas, c'est la musique qui vend. Ces enfants sont les plus connus et écoutés à travers le monde. C'est une réalité.

 

Voulez- vous dire qu'il n'y a pas ''match'' entre le coupé-décalé et le zouglou ?

Mon âme, c'est le zouglou. Il a de bons textes qui conscientisent. Mais aujourd'hui, qu'on le veuille ou pas, on sait qui prend les plus gros cachets. Et qui est plus demandé. Pour les affaires, c'est le coupé-décalé. Je ne blâme pas le zouglou mais c'est avec le coupé décalé que je gagne un peu plus ma vie.

 

Quels sont les artistes ivoiriens avec lesquels  vous êtes le plus en contact ?

 Arafat, Debordo Likufa, DJ Jacob, Franky Dicaprio, Bonano,  Serge Benaud

 

Comment faites-vous pour être à la fois proche d'Arafat et Deborbo?

Qui sait, si c'est pour faire du marketing! Dans tous les cas, c'est leurs esprits. Et  ça ne m'intéresse pas. Je ne rentre pas dedans. Ce qui m'intéresse, c'est le boulot. Ce sont des jeunes auxquels je donne beaucoup de conseils. Ils m'écoutent et ils me respectent. Le  courant passe bien entre nous. Je n'ai pas de problème avec eux.

 

Quels sont vos projets pour le show-biz en Côte d'Ivoire?   

Je bosse présentement sur un projet. J'essaie de revenir fort, mettre ma connaissance au service de mon pays. C'est toujours dans l'univers du show biz. Il s'agira pour nous d'évaluer la popularité de nos artistes pour les mettre à disposition des promoteurs de spectacles pour qu'ils pèsent sur la scène du show biz en Côte d'Ivoire. Je souhaite qu'il y ait plus de solidarité autour de ce projet pour qu'il voie le jour. C'est seulement à ce prix qu'on pourra booster le show ivoirien. 

 

Source 

L'inter