Il n'a pas voulu rester silencieux. L'avocat principal de Laurent Gbagbo, Me Emmanuel Altit, a transmis, a-t-on appris de bonnes sources, au Tribunal de première instance d'Abidjan-Plateau, un courrier, pendant le mois en cours (décembre 2014), pour confirmer que la signature au bas de la lettre de candidature à la présidence du Fpi, objet de la plainte de Pascal Affi N'Guessan, est bel et bien de son client.

Déjà, l'avocat français de Laurent Gbagbo avait saisi, mardi 4 novembre 2014, à La Haye, l'opportunité de l'audience de mise en l'état dans le procès contre l'ancien président ivoirien, pour saluer le fait que des cadres du Front populaire ivoirien (Fpi) souhaitent « se mettre sous les auspices » de son célèbre client. « Le procureur (de la Cpi) reproche à des cadres du Fpi de vouloir se mettre sous les auspices du président Laurent Gbagbo, mais pour nous, c'est une bonne chose. Car cela confirme la légitimité du président Gbagbo. Cela montre qu'il est présent dans le débat politique et cela facilitera la réconciliation nationale », avait déclaré Me Altit, avant même qu'un courrier portant la signature de Laurent Gbagbo, affichant sa volonté de reprendre le Fpi, n'arrive à Abidjan fin novembre 2014. Dans la lettre signée du fondateur du Fpi, le 25 novembre 2014, à La Haye, il a dit notamment qu'il accepte d'être candidat pour la présidence du Fpi. Une copie de cette lettre avait d'ailleurs été remise par l'un des conseils de Laurent Gbagbo, Me Dakouri Sylvain Tapi, avocat au barreau de Bruxelles, à Affi N'Guessan le jeudi 27 novembre 2014.
Ce courrier n'a, apparemment, pas convaincu l'actuel président du Fpi et ses partisans. En conférence de presse, le mercredi 10 décembre 2014, M. Affi a dit avoir « porté plainte pour faux et usage de faux, et saisi la justice pour le report du Congrès et pour obtenir l'invalidation de la décision du Comité de contrôle concernant la candidature du président Laurent Gbagbo ». Pour lui, « la signature imitée sur le courrier est une imitation non maîtrisée ». Ni plus ni moins. L'ex-chef du gouvernement avait juré avoir « fait expertiser la signature du président Gbagbo par un cabinet d’experts international » et que celui-ci a conclu que « la signature est une imitation mal maîtrisée ». « Le document est faux, spécialement fabriqué par un réseau de faussaires à la solde des frondeurs, donc on en tire toutes les conséquences », avait... rugi « Le lion du Moronou » (un surnom d'Affi N'Guessan). La justice avait donné une suite favorable à cette demande de report du congrès du Fpi, plongeant les partisans de la candidature de Laurent Gbagbo dans un émoi indescriptible.
Dans cette ambiance, pour le moins, polémique, Gbansé Douadé Alexis, membre de l’Association des journalistes Néerlandais (Nvj) et de la Fédération internationale de journalistes [IFJ], cofondateur et chef de la rédaction du site connectionivoirienne.net depuis 2007, a révélé, lui, avoir mené une démarche, vendredi 5 décembre 2014, vers le notaire Robert Buurke à Amstelveen (au Pays-Bas). C'est lui qui a authentifié, faut-il le savoir, le courrier portant la signature de M. Gbagbo. « Le notaire Robert Buurke à Amstelveen ici au Pays-Bas que j’ai donc contacté par téléphone puis par courriels [sur sa demande], n’a pas démenti sa signature sur la Lettre de candidature de Laurent Gbagbo », a écrit Gbansé Douadé Alexis.

Me Tapi apporte la réplique
Suite à la conférence de presse d'Affi N'Guessan, Dakouri Sylvain Tapi, avocat inscrit au barreau de Bruxelles, a produit un communiqué de presse en sa « qualité de conseil du président Laurent Gbagbo ». « Le notaire est un officier public assermenté. Remettre en cause son acte revient à dire que le notaire aurait menti, ce qui est absurde. Le notaire Hollandais n’aurait jamais pris le risque de mentir eu égard aux sanctions susceptibles de peser sur lui, et de surcroît, étant conscient que son acte authentique ferait l’objet d‘une publication internationale par voie de presse.Il s’ensuit que la signature apposée sur le document notarié du 25 novembre 2014 est bel et bien l’authentique signature du président Laurent Gbagbo. Le président Gbagbo constate avec peine et tristesse que, nonobstant le déplacement de son conseil récemment à Abidjan, dûment mandaté par lui et muni de l’acte authentique, Monsieur Affi continue de douter de la réalité de sa candidature à la présidence du Front populaire ivoirien », a réagi Me Dakouri Sylvain Tapi.

Comme si cela ne suffisait pas, Me Emmanuel Altit, avocat principal de Laurent Gbagbo, a cru bon d'envoyer un courrier au Tribunal de première instance d'Abidjan-Plateau pour souligner que la signature de son client n'est pas « une imitation mal maîtrisée ».

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