15/09/2014 source LE NOUVEAU COURRIER
A l’issue du comité central qui a eu lieu le samedi 14 septembre 2014 au siège du parti, à Cocody-Attoban, le Front populaire ivoirien (FPI) a pris la décision de se retirer de la Commission électorale indépendante (CEI) illégitime de Ouattara.

C’est une décision courageuse qui met

incontestablement la pression sur le régime d’Alassane Ouattara qui prospère dans les positions rigides et peu ouvert
au dialogue et la concertation. Le Front populaire ivoirien (FPI) a formellement pris la décision de se retirer de la Commission électorale indépendante (CEI) lors d’une
réunion d’une Comité central qui s’est tenu samedi au siège du parti à Cocody-Attoban. C’est un vote qui a permis de départager les partisans d’une entrée à la CEI sous la
condition d’un Bureau consensuel et les ceux qui sont pour que le FPI siège à la seule et unique condition que la mise en
place de la CEI se fasse de manière consensuelle
et qu’elle soit équilibrée. Finalement la volonté des partisans de la 2ème position a prévalu lors de ce vote avec 138 voix
contre 119. Le parti du président Laurent Gbagbo étant un parti attaché à l’application des règles démocratiques, la position de retrait de la CEI a été entérinée par le Comité
central et s’impose à tous. Le vice-président du FPI, Alphonse Douati, a expliqué à l’AFP que cette décision rentre immédiatement en application. « Dès lundi, le Front populaire ivoirien (FPI) sort de la CEI », a-t-il indiqué.
Il n’a pas manqué de rappeler les raisons de ce retrait entre autres la reconduction de Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI le 5 septembre dernier alors qu’il était déjà président
de l’institution et c’est lui qui a proclamé les résultats contestés des élections de 2010. Le FPI fait remarquer que sa responsabilité dans la crise postélectorale est trop grande pour qu’il soit maintenu à ce poste. « Youssouf Bakayoko n’est pas crédible et il a une grande responsabilité », a
accusé Alphonse Douati. En tout cas, cette question d’entrée ou non à la CEI avait cristallisé les positions au FPI au point où il a fallu trois comités centraux pour arriver à cette décision. En effet, un premier comité central qui a eu lieu le 14 août dernier, à la suite des conclusions du Comité de médiation par régler la crise au FPI, n’a pas permis de vider la question. La prise d’une décision sur ce sujet a été reportée au 30 août dernier. Mais ce comité central
s’est terminé quasiment dans la bagarre, tant la question divisait profondément. C’est cette 3ème réunion a finalement
tranché. Le FPI quitte cette CEI taillée sur mesure par le pouvoir et au sein de laquelle les pro-Ouattara occupe les fonctions stratégiques à commencer par Youssouf
Bakayoko qui assure encore la présidence. Il
met ainsi fin à l’hésitation. Puisque l’Alliance des forces démocratiques à laquelle fait partie le FPI avait, par la voix de sa première vice-présidente Danielle Boni Claverie, annoncé mardi dernier la suspension de sa participation « aux travaux de la Commission » mais avait précisé qu’il ne
s’agissait pas de « démissionner ou de quitter
la CEI ». Le FPI a souverainement décidé de mettre fin au suspens mais aussi et surtout de ne pas cautionner la mascarade orchestrée par le pouvoir à travers la mise
en place solitaire et unilatérale du Bureau de la CEI là où l’opposition souhaitait un consensus. C’est une décision courageuse prise par le principal parti d’opposition et qui
délégitime littéralement cette Commission sensée organiser les futures échéances électorales. Le chantage du camp Ouattara qui déclarait tapageusement que si le FPI ne
siégeait pas, le pouvoir avancera dans l’organisation
des prochaines élections avec cette Commission illégitime n’a pas prospéré. Le parti de Gbagbo a pris ses responsabilités.
C’est au régime de reconnaitre le caractère contre productif de son entêtement et de faire marche arrière – sans honte
- pour apaiser la situation. Ce serait une
décision sage.