Une seule question est revenue plusieurs fois sur les lèvres des journalistes qui étaient face au porte-parole de la CPI, vendredi dernier, lors d’une conférence de presse à Marcory-Biétry. Une rencontre voulue par la juridiction internationale avec la presse en vue d’informer suffisamment les hommes des médias, avec les juristes ivoiriens, sur les Affaires Gbagbo, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé.
Pourquoi la Cpi poursuit-elle les seuls partisans de Laurent Gbagbo par rapport aux crimes postélectoraux de 2010-2011 alors que cette juridiction reconnaît pareillement les crimes dans le camp rival d’Alassane Ouattara ? «On ne peut pas tout faire à la fois. Ce qui est sûr, c’est que les enquêtes sont en cours dans tous les camps». Invariablement, c’est ainsi que Fadi El Abdallah a répondu aux relances des journalistes. Sans plus. « La Côte d’Ivoire n’est pas le seul pays dont la Cpi traite les Affaires. Et puis, la juridiction n’a pas suffisamment de moyens », s’est par ailleurs défendu le porte-parole de la Cpi. On le voit bien. Fadi El Abdallah, en donnant cette réponse laconique du genre : « on ne peut pas tout faire à la fois », alors que des mandats d’arrêt sont délivrés dans le seul camp de Laurent Gbagbo, le conférencier, à bien des égards, montre le déséquilibre dans la démarche de cette juridiction. Sinon, au nom de quoi, on peut sanctionner un seul des deux camps supposés avoir posé les mêmes actes ? Tout le monde sait avec quelle célérité, la Cpi a lancé des mandats d’arrêt contre Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo et Blé Goudé. Tout le contraire de son attitude vis-à-vis des partisans de l’actuel chef de l’Etat dont le camp - et cela n’est un secret pour personne - est composé d’individus impliqués dans des crimes de sang. Que faut-il à la Cpi pour boucler les enquêtes à ce niveau ? En attendant que la sagesse et l’impartialité visitent cet organisme qui s’évertue à soigner son image, ses animateurs peuvent toujours se complaire dans le flagrant dilatoire. Tout en ayant à l’esprit que la vérité triomphe toujours.