Des agents de la CIE et des gendarmes sont descendus à son domicile, très tôt le vendredi 30 mars 2018, à 05 h.

Des agents de la CIE et des gendarmes sont descendus à son domicile, très tôt le vendredi 30 mars 2018, à 05 h.

Adou Marcel est vraiment un chef peu commode. Il n’a aucun respect pour ses fonctions. Et il vient de se mettre dans de beaux draps. Chef central du quartier yaosséhi et président du Comité de Développement communautaire, Adou Marcel volait du courant électrique et le commercialisait au sous-quartier yahosséhi, à yopougon. Il le faisait au détriment de la Compagnie ivoirienne d’Electricité (CIE).

 

Mais comme tout a une fin, la société distributrice de courant a fini par découvrir le pot aux roses.

 

Des agents de la CIE et des gendarmes sont descendus à son domicile, très tôt le vendredi 30 mars 2018, à 05 h.

 

Mais apparemment informé par ses réseaux, Adou Marcel a réussi à s’éclipser avant l’arrivée des forces de l’ordre commises à son arrestation. Selon nos informations, ce trafic du courant électrique dans les quartiers précaires d’Abidjan est appelé « opération araignée ». Il serait réalisé par des habitants véreux comme Adou Marcel, mais en parfaite complicité avec des agents de la CIE. C’est ce ré- seau qui a dû mettre la puce à l’oreille de l’indélicat pour échapper à son arrestation. L’opération ayant échoué, les agents n’ont eu d’autres choix que de mettre le grappin sur la femme d’Adou Marcel qui a été conduite à la brigade de la gendarmerie du sous-quartier Toits Rouges de yopougon. Finalement, la femme a été relâ- chée le samedi 31 mars 2018 pendant qu’Adou Marcel était toujours en cabale. D’après nos sources, d’intenses tractations ont permis à Adou Marcel de sortir de sa tanière pour rejoindre son domicile. Mais à quel prix fi- nancier pour éviter la prison ? Là aussi, personne ne le sait, sauf que sa maisonnée et lui vivent aujourd’hui dans une honte indicible. Et comme toute ligne de dé- fense, Adou Marcel raconte à qui veut l’entendre qu’il a été dénoncé à la CIE « par des gens méchants qui sont contre lui » à yaosséhi. Adou Marcel était le 37ème témoin à charge de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé à la CPI. Supposé au dessus de tout soupçon, c’est en sa qualité de militant RDR que cet homme a té- moigné à la CPI, les 24 et 25 avril 2017. Au premier jour de son interrogatoire, Adou Marcel a fait s’évaporer la thèse du « Plan commun de Gbagbo pour tuer Dioulas et partisans de Ouattara pour se maintenir au pouvoir » avant de faire balader la Cour de contrevérité en contrevérité. Le bureau de la procureure s’est tardivement aperçu que le chef de yaosséhi ne racontaient que des histoires rapportées par des personnes inconnues ou dé- cédées. Marcel Adou n’a été témoin de rien. Consé- quence, son audition a été marquée par des huis clos intempestifs et l’accusation, apparemment déçue, a fini par mettre rapidement fin à son interrogatoire. Au second jour de sa déposition, face aux avocats des défenses, Adou Marcel s’est tellement ridiculisé que le président de la Chambre, Cuno Tarfusser, a été contraint de mettre pré- cipitamment fin à son passage à la CPI. Au sortir de son témoignage, les informations ont fait dire qu’Adou Marcel, pré- cédé d’une réputation « d’amoureux fou d’argent facile », aurait monnayé son té- moignage à la CPI contre quelques espèces sonnantes. Avec cette affaire de vol de courant électrique, l’homme vient de consolider tous ces soupçons contre lui : le militant RDR, 37ème té- moin à charge contre le pré- sident Laurent Gbagbo à la CPI, est un trafiquant de courant électrique à Abidjan, précisément à yopougonyaosséhi.

Affaire à suivre