Le Général Philippe Mangou, Chef d'État- major des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI ) et patron des Forces de Défense et de Sécurité ( FDS ) pendant la Guerre de la France contre notre pays, passera bientôt à la barre à la Cour Pénale internationale en tant que témoin cité par l'accusation dans le procès du président Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé.

Ce témoignage attendu n'est guère une surprise, depuis qu'il a été annoncé par la CPI elle-même où un technicien avait laissé le micro ouvert lors de discussions censées être à huis clos, donc secrètes, même si elle choque parce qu'il est rare qu'un chef militaire qui a dirigé une armée sans jamais démissionner se retrouve du côté de l'accusation contre celui qu'il a servi jusqu'au bout.

Ces révélations involontaires du procureur Mac Donald avaient fait couler beaucoup d'encre et avaient amené Phillipe Mangou qui est désormais Ambassadeur de la Côte d'Ivoire au Gabon, à faire une mise au point dans laquelle il a tenté , sans le dire ouvertement, de rejeter la responsabilité de la guerre sur le président Gbagbo à qui il aurait conseillé de démissionner alors que ce dernier lui avait demandé son avis.

" Un article émanant de votre organe de presse fait état de ma colère à l’issue de la bourde commise par la CPI. Il n’en est absolument rien. Je reste serein et calme.

J’avais moi même, envisagé de témoigner sans camouflage ,car quand on a la vérité à dire, on ne se cache pas. Je veux parler, non pas pour faire condamner qui que ce soit, mais pour permettre aux ivoiriens et à l’opinion internationale de connaître la vérité.

Beaucoup de gens parlent sans savoir ce qui s’est réellement passé. Si encourager Monsieur Laurent Gbagbo le 11 mars 2011, à démissionner au moment où lui-même demandait mon avis sur la question, pendant que l’armée était à court d’armes et de munitions, (vous et moi nous saurions certainement la provenance des armes et munitions stockées au palais ) que les ivoiriens mouraient et qu’ils ne pouvaient ni manger ni se soigner, c’est trahir, alors j’ai trahi.

Que les uns et les autres soient patients. Qu’ils ne me jugent pas avant de m’avoir entendu.» Source: Abidjan.net.

Telle est donc la mise au point que le Général Mangou avait cru devoir faire et, au moment où il s'apprête à témoigner, nous voudrions dire ici ce que nous pensons de tout cela.

La question n'est pas de savoir si Gbagbo devait quitter le pouvoir ou pas. Il a été élu, déclaré vainqueur par le Conseil Constitutionnel. La question qui est posée à la CPI est celle de savoir s'il y a eu un plan commun pour tuer des dioulas partisans de Ouattara. Donc, telle est véritablement la question sur laquelle tout le monde attend Mangou. Venir dire qu'il a demandé au président Gbagbo d'abandonner un pouvoir qui lui a été donné par le peuple n'est pas ce qu'on attend de lui. D'ailleurs, le président Gbagbo en posant cette question à Mangou voulait certainement connaître son degré de loyauté et l'état d'esprit des troupes qui regardent leurs chefs. Ce dernier pouvait donc se contenter, en tant que militaire, de lui faire le point et dire au président qu'il est le seul à tirer des conclusions politiques parce qu'un militaire n'est pas un conseiller politique. Par ailleurs, le président Gbagbo n'a pas attendu Mangou ni le 11 mars 2011 pour faire des propositions de sortie de crise. Il a proposé dès le 19 décembre 2010 la solution de recomptage des voix.

On ne peut donc pas rechercher la cause de la guerre dans le fait que l'un des protagonistes n'aurait pas accepté de renoncer à sa victoire proclamée par le conseil constitutionnel, et alors qu'il proposait un recomptage des voix.

La guerre , c'est la responsabilité d'un homme, Alassane Dramane Ouattara, qui a armé des gens qui n'avaient pas le droit de porter des armes dans le pays, qui les a lancés à l'assaut du pouvoir qu'il voulait à n'importe quel prix et qui, enfin autorisé à compétir mais battu, a refusé de reconnaître le verdict du Conseil Constitutionnel, qui a ensuite refusé tout compromis politique de recomptage et de partage du pouvoir, pour finir par faire la guerre alors que l'Union Africaine avait décidé d'envoyer un médiateur, José Brito, pour mettre en oeuvre ses fameuses résolutions contraignantes qui faisaient de cet homme, le président.

Donc nous attendons le Général Mangou Philippe.

Avec Alexis Bayoro Gnagno et Excellence Zadi Vaka

 

#REZOPANACOM