Oh honte ! Mille fois oh honte !!! On est à se demander
si la dignité et l’honneur peuvent encore revendiquer leur droit sous ce régime. Le dire n’est pas verser dans le nominalisme trivial. Bien au
contraire. Sinon comment expliquer raisonnablement l’ouverture,
du reste opportuniste, du procès des assassins présumés
du général Robert Guéï et comment s’imaginer que ledit procès
soit conduit par le commissaire du gouvernement Ange Kessy,
lui-même acteur et spectateur des actes de gouvernance sous
Laurent Gbagbo ? C’est à croire qu’on est encore parti pour une
mise en scène, cette fois, de mauvais goût. Un procès qui intervient,
13 ans après l’évènement et, dans un climat
politico-social explosif, le bon sens voudrait bien qu’on ne vînt
pas déraisonner notre raison de vivre. Pourquoi diantre, le commissaire
du gouvernement n’avait-il pas entamé l’enquête
avant l’enterrement du général. Et pourquoi le parquet militaire
d’Abidjan a-t-il cru bon d’ouvrir l’enquête des années après la
mort de Guéï Robert ? Enfin pourquoi c’est le nom de Seka
Seka, ancien garde de corps de celle que la justice vient de
condamner à 20 ans de prison qui revient de façon récurrente
comme étant le suspect n°1 ?

Selon le commissaire du gouvernement, c’est dans la nuit du 18
au 19 septembre 2002 que le général Guei a été informé par sa
garde de l’attaque de la ville d’Abidjan par des individus
armés. « Il se réfugie à la cathédrale St Paul du Plateau proche
de son domicile. Peu de temps après son arrivée dans ce lieu de
culte, une patrouille commandée par Dogbo Blé viendra l’extraire
des lieux et ce « malgré l’opposition d’un prêtre ». Le général
Guei sera remis immédiatement à une autre patrouille cette foisci
dirigée par le capitaine Séka Yapo Anselme alors aide de
camp de la Première dame, Simone Gbagbo. « Ils se saisissent
du général et prennent la direction de la Corniche ’ils marquent
un arrêt, le capitaine Séka fait descendre le général Guéï et
malgré ses supplications, tire à bout portant au moins deux
balles dans la tête qui l’atteignent mortellement ». Quelle
précision dans la description des faits. Ange Kessy était donc capable
de réaliser un tel exploit ?
Pourquoi donc, a-t-il tergiversé pendant longtemps avant de se
résoudre à donner le résultat de ses investigations ? Cela s’appelle
tout simplement comédie. Et ce n’est pas à l’honneur ni du
commissaire, ni de la justice ivoirienne parce qu’en fait, Ange
Kessy lui-même doit être considéré comme un complice ayant
servi sous Gbagbo en qualité de procureur militaire. Il aurait dû
s’autosaisir dans cette affaire. Mais il ne l’a pas fait. Et donc,
n’est raisonnablement pas, la personne la mieux indiquée
pour connaître de ce dossier. C’est une question d’éthique et
de morale.