L’ex-Premier ministre du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo, Gilbert Aké N’Gbo et son ex-ministre de l’Economie et des finances, Désiré Dallo ainsi que sept huissiers de justice poursuivis pour des faits de ‘’braquage’’ de l’agence nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) commis pendant la crise postélectorale ont comparu, mardi, devant le Tribunal de 1ère Instance d’Abidjan-Plateau. 

  

A la suite des différents interrogatoires des prévenus et plaidoiries qui ont duré plus de quatre heures, le président Sombé Méïté a renvoyé le verdict au 18 janvier 2018 à 15 heures.

 

Les prévenus ont, en bloc, déclaré ne pas se reconnaître dans les faits à leur charge. Ouvrant la série des interrogatoires, l’ex-Premier ministre Aké N’Gbo, fixant le juge dans les yeux, a demandé ‘’qu’ai-je fait  pour être devant vous ici ? ‘’.

 

‘’Pour avoir servi  les Ivoiriens, j’ai été accusé de tous les mots et les maux. Au-delà des maux, j’ai été accusé de tous les crimes, allant jusqu’à l’atteinte de la sécurité de l’Etat, insurrection, à la rébellion.  Je suis passé devant les Assises au final, rien de tout çà. Je n’ai pas usurpé mes fonctions, je n’ai jamais tenté de renverser un gouvernement», a expliqué à la barre M. Aké, ajoutant qu’il a exercé ses fonctions de Premier ministre ‘’en toute légalité dans l’intérêt de mon pays’’.

 

 

Pour  Désiré Dallo, il a ‘’permis à l’Etat de fonctionner’’, prêt ‘’à refaire’’ si l’occasion se présentait à nouveau.

 

‘’Du 6 décembre 2010  au 30 mars 2011, j’ai agi dans la légalité. J’ai servi mon pays, la Côte d’Ivoire pour que l’Etat fonctionne’’, a relaté Désiré Dallo.

 

L’ex-ministre de l’Economie et des finances se disant même ‘’victime’’ de la crise postélectorale.

 

‘’Chez moi, tout a été détruit par les hommes en armes. Après le 30 mars, c’était le chaos qui a été installé en Côte d’Ivoire. La BCEAO n’a rien perdu. En Côte d’Ivoire on se connaît, l’Etat a fonctionné normalement, au niveau de l’ordonnancement des exécutions publiques. Tout est là», a insisté M. Dallo.

 

‘’Je n’ai rien détruit, ni volé, Monsieur le président. J’ai permis à l’Etat de fonctionner (…). Vous êtes face à votre destin.  Votre décision peut détruire la vie d’une famille ou permettre à des familles de renaître. Que votre décision soit en accord avec votre âme’’, s’est défendu l’ex-ministre de l’Economie.

 

Cette décision sera rendue le 18 janvier prochain. Laurent Gbagbo en jugement à la Cour pénale internationale (CPI) et son ancien ministre du budget, Katinan Koné en exil au Ghana, sont, également, visés par cette procédure.

 

Les chefs d'accusation qui pèsent sur l’ex-président ivoirien et ses camarades sont les suivants : ‘’vol en réunion par effraction portant sur des caves à la BCEAO et des numéraires ; complicité de vol en réunion par effraction ; destruction d’une installation appartenant à autrui ; détournement de deniers publics’’.

 

 Les sept huissiers sont poursuivis pour ‘’atteinte à la sûreté de l’Etat, attentat ou complot contre l’autorité de l’Etat, constitution de bande armée, direction ou participation à une bande armée, participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à l’ordre public, coalition de fonctionnaires’’.

 

En plus de leur présence physique sur les lieux, ces hommes de droit ont par leurs écrits, donner, selon l’accusation, un cachet juridique à l’acte  de l’ex-président  Laurent Gbagbo et ses ministres .