Par la voix de Me Dadjé Rodrigue, l’avocat principal, la défense de Simone Gbagbo a déclaré, ce 9 novembre, qu’elle "ne participera plus" au procès de l'ex-Première dame ivorienne, jugée pour "crimes contre l'humanité". Cette déclaration fait suite à l’annulation par la Cour d’Assises des citations à comparaître de quatre témoins qui devaient se présenter ce jour à la barre.

 

"La défense à partir d'aujourd'hui (mercredi) ne participera plus à ce procès. Il revient à la justice ivoirienne de rendre une décision pour condamner Mme Gbagbo", a dit Me Dadjé, ajoutant que la Cour d’assises "rentrera dans l'histoire selon la porte qu'elle aura choisie".

A l’origine de ce nouveau retrait des avocats de Simone Gbagbo, l’annulation par la Cour, et pour cause d’irrégularités, des citations à comparaître de quatre témoins dont  des responsables de la principale société de pompes funèbres ivoirienne qui a "transporté les corps" des victimes de la crise postélectorale.

 

Des citations à comparaître litigieuses

Selon le procureur général, Ali Yéo, les citations ne respectaient pas le délai légal minimum de comparution de 3 jours. Elles "datent du 08 novembre pour que les témoins comparaissent le 09 novembre".

Pour la défense de Simone Gbagbo, cette nouvelle annulation des citations à comparaître est la preuve que " la justice ivoirienne ne veut pas de ce procès (…). On ne peut pas demander une chose et son contraire".

Face à la presse, l’auteur de ces mots, Me Rodrigue Dadjé  explique qu’il lui a été demandé par la Cour, la veille-même, de convoquer ces témoins, soulignant que sa demande de les faire comparaître "la semaine prochaine" a été rejetée.

Deux semaines plus tôt, le procès avait connu une interruption en raison de citations à comparaître elles aussi jugées irrégulières en la forme. Les personnalités (politiques et militaires de haut rang) appelées à témoigner  auraient dû être citées par acte d’huissier, avant l’ouverture des débats et non par simple lettre au cou cours dudit procès.  

 

Un procès qui s’annonce encore long

Alors qu’un accord a fini par être trouvé pour la reprise du procès, plusieurs témoins cités à comparaître, dont des experts et des personnalités politiques, auraient exigé une convocation préalable du parquet.   

Une convocation qui risque de se faire attendre longtemps. Le procureur général  estime que les  témoins sont "libres de comparaître quand on les cite de manière régulière". Et d’ajouter qu’une intervention de sa part serait une subornation de témoins, une manière de les influencer.

Un argument que rejette la défense de Simone Gbagbo. Me Dadjé révèle d’ailleurs que le seul témoin à avoir comparu, le professeur Hélène Yapo Etté (médecin légiste) "était au bureau du procureur" la veille "pour avoir l’autorisation de venir témoigner".