Jean-Luc Mélenchon;Il faut mettre fin à ce qui se passe en Côte d’Ivoire --

Jean-Luc Mélenchon;Il faut mettre fin à ce qui se passe en Côte d’Ivoire --

 

En France, un miracle se produit chaque jour. C’est que non

seulement sur les plateaux de télévision française, on écoute désormais ceux qui parlent de Gbagbo et critiquent ouvertement Alassane Dramane Ouattara comme un dictateur et un tyran mais les esprits sont nettement plus ouverts

qu’avant.

 

Et c’est ce qui s’est passé récemment lors d’un débat qui ne concernait pas en fait la Côte d’Ivoire mais l’Afrique. Quelle politique française en Afrique ? Tel était le thème de la

discussion que le président du parti de gauche a survolée. Jean-

Luc Mélenchon l’a en effet abondamment illustré par le cas

ivoirien, appelant à mettre fin à ce qui se passe ici. « Regardez ce

que nous avons fait en Côte d’Ivoire.

 

Vous étiez tous là à faire des sauts périlleux arrière sur la démocratie et les droits de l’homme en Côte d’Ivoire en accusant Gbagbo l’abominable boule de neige. Il est maintenant

au tribunal pénal international et voilà que des centaines de gens

qui ne sont ni jugés et qui ne donnent lieu à aucune espèce de travail  judiciaire croupissent dans les prisons. Le fils de Gbagbo qui   a pour unique chef d’inculpation le fait qu’il est le fils de Gbagbo, alors qu’il n’a jamais eu aucune espèce d’activité politique, a été détenu pendant des mois et des mois dans une fosse et personne ne l’a défendu simplement parce

qu’il s’appelle Gbagbo.

Qu’avons nous fait en Côte d’Ivoire ?

Qu’est-ce que nous avons rétabli ? Quel est ce beau travail qui

vaille la peine qu’on s’en vante aujourd’hui ? Rien. Eh bien

maintenant ça suffit ! ».

 

A la vérité les tirades anti-Ouattara du président du parti de

gauche ne datent pas d’hier. Alors que les élus socialistes évitent

de soutenir Gbagbo dès sa chute, de peur que leur amitié ne

soit mal interprétée par l’opinion publique française, Jean-Luc

Mélenchon est celui qui, sur les plateaux de télévision française,

critique ouvertement le nouveau    chef de l’état ivoirien arrivé au

pouvoir en Côte d’Ivoire dans les fourgons des militaires français

et onusiens. Mais il a du mal à convaincre son auditoire conditionné pendant une dizaine d’années.

C’est d’ailleurs cet épisode que le président du parti de

gauche rappelle en affirmant que « vous étiez tous là à faire des

sauts périlleux arrière » pour signaler que chaque journaliste

français croyait tout savoir sur la situation ivoirienne et connaître

Alassane Dramane Ouattara dont la posture rusée et son passage

au FMI ont été considérés  comme des gages de démocratie.

Or, la réalité est là. En cinq années de pouvoir, rappelle Mélenchon, 

« des centaines et des centaines de personnes ont été

emprisonnées » et le fils de Gbagbo

« a été détenu pendantdes mois et des mois dans une fosse parce qu’il s’appelle Gbagbo».

 

En fait si l’exaspération du président du parti de gauche est désormais    tolérée, c’est bien parce     que l’état d’esprit des milieux politiques    et économiques français

n’est plus le même.

Au-delà des premiers, ce sont les hommes d’affaires hexagonaux qui reprochent à Alassane Dramane Ouattara de n’avoir pas fait la

réconciliation, alimentant ainsi les tensions qui menacent leurs

intérêts.

Selon d’ailleurs plusieurs rapports de renseignements

français que nous avons publiés, les 25 plus grosses entreprises

françaises ont donc choisi le parti de changer de coalition et

de s’en remettre au jugement de l’Elysée qui, selon notre correspondant    français, est aujourd’hui dans une phase pratique de tout ce qui avait été dit.

Mais au-delà de l’avenir immédiat du chef de l’état ivoirien, Jean-Luc Mélenchon dénonce le manque de vision des politiques français qui maintiennent une politique coloniale consistant à mettre au pouvoir leurs hommes en Afrique.

« Il faut maintenant faire de la politique»,

leur répond-il, assurant qu’il faut aider « sans cesse à ce qu’on parle de démocratie et de

vote ».

 

 

A quelques semaines de la présidentielle, c’est l’image que

Ouattara a construite pendant des années parfois au prix de

manquements les plus divers qui

est brouillée. Les temps ont vraiment

changé !