Le président Pascal Affi N’guessan, est depuis quelques jours, en tournée dans le pays profond. L’homme est au contact de ses militants pour les tenir informés des enjeux politiques
du moment et des défis à venir. En fait, le président du
Front populaire ivoirien (FPI) est bien dans son rôle de leader de troupe et de voyageur infatigable qu’il entend assumer pleinement, comme l’a fait avant lui, son illustre prédécesseur au poste, le président Laurent Gbagbo. Mais aussi et surtout pour montrer à tous, qu’en l’absence
du grand chef, retenu depuis trois ans, dans les geôles de
la cour pénale internationale (CPI), il reste le seul, parmi les
disciples du maitre, à pouvoir sillonner le pays profond, dans
ses quatre points cardinaux, loin devant ceux que ses partisans nomment « les théoriciens »,
cloîtrés soit à Abidjan, soit retenus en exil, et qui se défoulent sur les réseaux sociaux. Pascal Affi N’guessan, prend donc ainsi, une longueur d’avance sur ses
potentiels adversaires au prochain congrès du parti, prévu à la mi-décembre 2014. Fait notable, au cours de ses tournées, le président des « bleu et blanc » distribue même quelques enveloppes pour exprimer sa compassion envers certains militants frappés soit par un malheur, soit ayant été durement éprouvés pendant la crise postélectorale.
Et pendant que « le lion » du Moronou sillonne hameaux
et villages, sur place à Abidjan, ses principaux lieutenants, restés en base-arrière, carburent. Ils occupent les principaux médias de la place pour vendre au mieux,
leur stratégie de lutte pour la libération du président Laurent
Gbagbo. Alcide Djédjé, l’ex-ministre des affaires étrangères sous Gbagbo, a ainsi, dans un intervalle de 24 heures, fait la manchette principale des quotidiens « Notre Voie » et « Le Nouveau Réveil ». A l’occasion, l’homme a martelé que c’est en étant dans les sphères de décision que le FPI
se donnera les moyens de faire fléchir la décision en faveur de la libération du président Laurent Gbagbo. « Pour sortir le président Gbagbo de la Haye, il faut se réveiller et aller à la conquête du pouvoir. Dès lors, on devient un
acteur qui compte », a clamé le diplomate. De sources proches de la direction du FPI, on indique que ces deux sorties marquent le début d’une vaste opération de
com, dont les moyens seraient déjà mobilisés et qui va aller en s’intensifiant, à mesure que l’on approchera le congrès. En
somme, aujourd’hui au FPI, du moins, pour l’équipe dirigeante, l’argent ne semble plus vraiment constituer un véritable souci. Et cela, malgré la mesure du gel des
avoirs qui frappe encore la grande majorité des camarades
et autres collaborateurs du président Laurent Gbagbo. Il se rapporte même, dans les allées du siège provisoire du parti, aux 2Plateaux-Attoban, qu’à l’occasion du dernier comité central qui a tranché définitivement la question de la présence du FPI à la Commission électorale indépendante
(CEI), des enveloppes ont circulé pour faire triompher
la thèse défendue par le président Pascal Affi N’guessan et les
siens. Ces derniers, de l’avis de leurs contradicteurs, doivent le score étriqué du vote final, à ces largesses évoquées plus haut. Dans le camp Affi, tout en prenant les choses avec philosophie, l’on se réjouit néanmoins vu qu’à la lumière des résultats, le chemin qui reste désormais à parcourir,
pour renverser la tendance au congrès n’est plus long et que cela reste bien dans les cordes du « président ». La question qui est aujourd’hui sur toutes les lèvres au FPI, est celleci
: d’où Affi N’guessan tire t-il tout cet argent pour financer ses
tournées, organiser des meetings, graisser la patte à certains
responsables de base, occuper les médias etc ? La question vaut bien son pesant d’or, puisque depuis
la direction intérimaire de Sylvain Miaka Oureto,- qui au
titre du financement des partis politiques, avait perçu, dit-on,
environ, 120 millions de Fcfa-, aucun décaissement dans le
genre, n’a encore suivi, du moins officiellement. Sur la question, les avis restent partagés. Si les « Affiistes » se défendent de ne pas brasser de millions et mettent
plutôt en avant la contribution de généreux donateurs anonymes, leurs adversaires pointent le doigt vers le régime Ouattara, qui par l’intermédiaire du ministre d’Etat, Hamed Bakayoko, approvisionnerait régulièrement la
bourse du président Affi, qui en échange, devrait faire en sorte, de tourner la page Gbagbo. Le premier flic ivoirien, aurait, sur la  question, le soutien actif de Paris
et des autorités onusiennes qui gèrent le dossier ivoirien. Vrai ou faux, le débat continue de chauffer les chaumières au Front populaire ivoirien où partisans et adversaires du président Pascal Affi N’guessan continuent de fourbir leurs armes en attendant la finale de la mi-décembre prochain.
Pendant ce temps, Alassane Ouattara et le RHDP
continuent de boire du petit lait, attendant tranquillement de voir, quels adversaires ils auront en face pour la nouvelle année électorale qui s’ouvrira quelques deux semaines plus tard. S’agirat- il d’un FPI retrouvé, fort et capable
de contrarier leurs ambitions électorales ou au contraire, il s’agira d’un FPI affaibli  par ses contradictions internes,
ne faisant plus peur à personne et surtout promis à la
déliquescence après avoir fait le choix de la politique de la chaise vide ? Les prochaines semaines nous situeront davantage.

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