La Côte d'Ivoire a justifié vendredi auprès de la Cour pénale internationale (CPI), son refus de traduire l'ex-Première dame Simone Gbagbo devant cette institution, a-t-on appris vendredi de source gouvernementale et dans la presse internationale.

Selon Koné Bruno, ministre des NTIC et porte-parole du gouvernement questionné sur les preuves qu'Abidjan devait présenter vendredi à cette institution, les explications auprès de la Cour pénale ont commencé à être données et se poursuivront : "C'est en train de se faire. (...) Nous sommes en train de donner suite"
aux demandes d'explications de la CPI, a-t-il déclaré.

Fin août, la chambre préliminaire de la Cour avait laissé jusqu'au 10
octobre à Abidjan pour déposer ses "observations additionnelles", telles que "les contours et l'état actuel de la procédure interne alléguée" pour justifier "l'exception d'irrecevabilité".

Les autorités ivoiriennes ont demandé en septembre 2013 à la CPI de se déclarer incompétente pour poursuivre Simone Gbagbo afin que celle-ci soit jugée dans son pays.

Les juges de la CPI "prendront une décision concernant la recevabilité de cette affaire en temps voulu", selon un communiqué de cette institution parvenu vendredi après-midi à l'AFP et dont IvoireBusiness a eu copie.

Abidjan a également demandé la non-exécution du transfèrement de
l'ex-Première dame à La Haye, en attendant la décision de la Cour sur sa compétence.

Les avocats des autorités ivoiriennes assuraient il y a plus d'un an que la Côte d'Ivoire est désormais en mesure de juger Mme Gbagbo et notent qu'elle "doit être jugée devant la Cour d'assises d'Abidjan qui siègera prochainement".

En vertu du Statut de Rome instituant la CPI en 2002, la Cour ne peut
poursuivre un suspect que si la juridiction nationale ne veut pas ou n'est pas en état de le faire.

La CPI a rendu public en novembre 2012 un mandat d'arrêt émis à l'encontre de Simone Gbagbo, poursuivie pour des crimes contre l'humanité commis lors des violences postélectorales de 2010-2011.

Le régime ivoirien a déjà transféré à La Haye le Président Laurent Gbagbo ainsi que le ministre Charles Blé Goudé, surnommé "le général de la rue", mais ne souhaite pas faire de même pour Simone Ehivet Gbagbo.
Une décision qui suscite l’incompréhension de la CPI mais qui est approuvée par l’opposition ivoirienne.
Christian Vabé président du Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire Alternative crédible (Rpci-Ac) a salué vendredi sur la chaîne Telesud, une décision qui va dans la bonne direction, et exigé la libération la libération pure et simple de Simone Gbagbo, car elle représente une monnaie de chantage aux mains du pouvoir.
Dans un récent déplacement à Daoukro sur les terres de son allié Konan, Alassane Ouattara a déclaré qu’il en avait marre de ses opposants, et que ces derniers n’étaient qu’en liberté provisoire, donc des prisonniers en sursis.
Preuve selon Christian Vabé que Simone Gbagbo est aux mains de Ouattara pour des raisons uniquement politiques.

Cette dernière croupit en détention à Odienné (nord-ouest) depuis le 14 avril 2011, quelques jours après la capture du Président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, sous les bombes françaises.
Autre presse