Publié le 12 Janvier 2022

Publié le 12 Janvier 2022

Après six années de détention à La Haye précédées d’une année d’incarcération en Côte-d’Ivoire, Charles Blé Goudé est acquitté le 15 janvier 2019 par la Chambre d’Appel de la CPI présidée par le président de la Cour, le juge Nigérian Chile Eboe-Osuji.

 

Son co-accusé, l’ancien président Laurent Gbagbo, également acquitté à la même date, a regagné la Côte-d’Ivoire depuis le 17 juin 2021.

 

L’organisation de promotion et de défense des Droits de l’Homme Amnesty International a produit un rapport le 21 décembre 2021. Dans ledit rapport transmis à la Cour Pénale Internationale (CPI), Amnesty International dénonce la présence de Charles Blé Goudé à La Haye et invite le gouvernement des Pays-Bas et l’ONU à de meilleurs sentiments concernant le président du Congrès Panafricain pour la Justice et l’Égalité des Peuples.

 

Le gouvernement ivoirien qui refuse toujours de délivrer un passeport à l’ancien ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo pour des raisons « politiques » est aussi indexé.

 

La mauvaise foi des Pays-Bas, le silence complice de l’ONU

Étonnement, deux années après son acquittement Charles Blé Goudé se trouve toujours au Pays-Bas, sans titre de séjour, en apatride, sans compte-bancaire, sans numéro de sécurité sociale, obligé de pointer deux fois par semaine à la CPI pour confirmer sa présence sur le territoire communal de La Haye.

 

Le président du Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des peuples (Cojep) subit à la limite une vraie humiliation, une sévère torture mentale, de la part du gouvernement hollandais, de l’ONU et de son pays la Côte-d’Ivoire, qui refusent jusque-là, de lever les restrictions devant lui permettre (enfin) de retourner dans son pays.

 

En effet, bien qu’acquitté totalement et définitivement et occupant un appartement à La Haye, Blé Goudé n’a même pas la possibilité de quitter le territoire communal de La Haye sans autorisation des services d’immigration. Les choses se compliquent encore quand il s’agit de sortir des Pays-Bas. Depuis son acquittement définitif, l’ancien détenu de la CPI n’a pu effectuer qu’un seul voyage en France avec un laisser-passer.

 

 

 

 

C’est dans cette attente sur les bords de la mer du nord qu’Amnesty International, l’une des principales organisations de promotion et de défense des droits de l’Homme dans le monde, a invité, dans un rapport datant du 21 décembre 2021, le gouvernement des Pays-Bas à garantir les normes les plus élevées de respect des droits humains de la CPI.

 

Les vérités d’Amnesty International à l’État Hollandais et à l’ONU

«A cet égard, la situation actuelle de M. Charles Blé Goudé suite à son acquittement est très préoccupante. Amnesty International comprend que malgré son acquittement, M. Blé Goudé n’a pas pu quitter les Pays-Bas, ni même autorisé à quitter La Haye. En tant que tel, il n’est pas totalement en liberté» , lit-on dans le rapport dont Linfodrome a reçu copie.

 

Selon Amnesty International, le cas de Blé Goudé met en évidence le besoin criant de la Cour Pénale Internationale (CPI) et les États parties à examiner les droits des personnes acquittées et la manière dont ils peuvent être pleinement exercés, y compris par l’acquittement et les accords de réinstallation, qui devraient permettre à une personne acquittée d’être pleinement libre dans les États qui ont conclu de tels les accords.

 

Les droits humains des accusés ne peuvent rester à la merci des humeurs des États

« Amnesty International appelle particulièrement les Pays-Bas à considérer leurs obligations en tant qu’État hôte de la CPI comme l’obligeant à garantir le droit à la liberté – dans toute la mesure du possible – des personnes acquittées qui peuvent être obligées de rester aux Pays-Bas pour des raisons politiques, humanitaires, ou de sécurité, après leur acquittement. »

 

Pour Amnesty International, les droits humains des accusés ne peuvent rester à la merci des humeurs des États.

 

L’ONG des Droits de l’Homme dénonce également le fait que les familles et connaissances des acquittés comme Blé Goudé devront débourser de l’argent pour se rendre en Europe pour voir les anciens pensionnaires de Scheveningen.

Si, si seulement un visa Schengen leur est accordé, ce qui n’est pas toujours le cas.