Le ministre d’Etat, ministre de la Défense, Hamed Bakayoko a fait une contribution, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, sur le thème : «Actions collectives pour l’amélioration des opérations de maintien de la paix». Dans sa déclaration relayée jeudi 29 mars, par la presse nationale, Hamed Bakayoko a soutenu que le désarmement, la démobilisation et la réinsertion ainsi que la réforme en cours du secteur de la sécurité ont été une réussite. «S’il est vraie que la partie la plus médiatisée du processus de sortie de crise a été la réussite du Désarmement, Démobilisation et réinsertion et la Réforme en cours du secteur de la sécurité…», a-t-il déclaré.

 

Autant dire que cette déclaration est en parfaite contradiction avec les réalités du terrain. Lesdites déclarations sont tellement honteuses que le ministre d’Etat, ministre de la Défense de Côte d’Ivoire n’a pas le courage d’en souffler le traître mot. De fait, Hamed Bakayoko affirme haut et fort à la tribune des Nations unies que le «Désarmement, Démobilisation et réinsertion et la Réforme en cours du secteur de la sécurité» «a été une réussite», alors que les ex-combattants qui ont porté le Rdr au pouvoir rongent leurs freins. Il est de notoriété publique, en Côte d’Ivoire, que des sous-groupes armés des forces armées des Forces nouvelles, la coalition armée des mouvements rebelles qui ont porté Ouattara au pouvoir, réclament leur part du gâteau avec des armes de guerre.

 

Les élé- ments de la Cellule 39, l’un desdits mouvements d’ex-combattants ont secoué les villes de Bouaké, Korhogo, Man dans un passé très récent, parce que le Ddr les a laissés à quai ! Plutôt que de résoudre en profondeur la question du Ddr, le gouvernement ivoirien a trié ses dents, pour brosser celles qu’il a estimées plus utiles. Parfois, sinon souvent, il a fait du favoritisme, en donnant à Pierre ce qui revient à Paul. C’est ce qui a engendré la création de certains groupements de pression, très souvent confrontés à la répression… Si le «Désarmement, Démobilisation et réinsertion» est un franc succès comme le prétend Hamed Bakayoko, pourquoi la Cellule 39 réclamerait-il une dizaine de millions de nos Francs au gouvernement ? Suite à la répression de l’une de leurs manifestations à Bouaké par les forces de l’ordre, Aboudou Diakité, un leader d’une branche de la Cellule 39 disait ceci : «Nous réclamons notre argent, nos 18 millions de Fcfa. Nous avons décidé de marcher et aller à la préfecture. Maintenant, ce matin, on est allé trouver que les corps habillés ont pris le coin. Pour le moment, on a reculé un peu d'abord.

 

Mais on va essayer de voir ce qu'on peut faire demain». C’est un exemple parmi tant d’autres. Alors, de quelle réussite du Ddr parle Hamed Bakayoko à l’Onu ? De quelle réforme en cours du secteur de la sécurité, qui est selon lui, «une réussite», fait-il allusion quand des armes de guerre neuves sont découvertes au domicile d’un civil ? De fait, dans une de ses parutions, le confrère Jeune Afrique écrivait ceci, en août 2017 : «Quinze tonnes d’armes ainsi que des munitions ont été retrouvées dans l’ancienne piscine réaménagée en sous-sol de la maison. Plusieurs proches du président de l’Assemblée nationale ont, depuis, été entendus par les enquêteurs de la brigade de recherche de la gendarmerie. Parmi eux, le lieutenant-colonel Issouf Ouattara (alias Kobo), chef de la sécurité de Soro, et le colonel Adama Yéo, l’un des responsables de la sécurité du Parlement. Tous deux étaient chargés de reverser cet arsenal dans les stocks de l’armée. Parallèlement, la mission des experts des Nations unies sur ces mêmes caches d’armes, diligentée à la demande du Président, Alassane Ouattara, a été prolongée, elle avait engagé ses investigations le 7 juin et devait travailler un mois. Ces spécialistes des questions d’armement épaulent l’équipe ivoirienne, composée d’une dizaine de personnes. Selon leurs premières constatations, les armes découvertes ont bien été acquises en 2011, comme l’assurait l’entourage de Soro. Ils tentent d’identifier leur provenance et leur mode d’acquisition. Et, surtout, de localiser d’autres caches dans le pays (il y en aurait au moins deux de plus, selon eux). Un rapport intermé- diaire doit être remis aux autorités à la mi-septembre». Voici une parfaite illustration de l’existant en matière de sécurité. Des caches d’armes, à travers le pays. Des particuliers qui ont dans les leurs résidences, des armements destinés à l’armée nationale ! Sans oublier que les armes dans la nature alimentent des réseaux de coupeurs de routes qui endeuillent des familles en Côte d’Ivoire, depuis la fin de la crise postélectorale. Est-ce que réellement le «Désarmement, Démobilisation et réinsertion et la Réforme en cours du secteur de la sécurité», a été une réussite ? Question à un clou ! Barthélemy Téhin De qui se moque Hamed Bakayoko à l’Onu ? Réunion du Conseil de sécurité sur la paix ces vérités qu’Hamed bakayoko n’a pas dites à l’onu L e Pdci, principal allié de Ouattara au pouvoir, veut une nouvelle Commission électorale indépendante (Cei), avant les futures échéances électorales. C’est la quintessence d’une de la déclaration au vitriol, confiée à un média français par l’ancien ministre du Commerce Jean-Louis Billon, porte-parole adjoint du Pdci-Rda. Mais pour des raisons encore inconnues, l’écho de cette déclaration n’a pas cessé de résonner que le même Porte-parole du Pdci-Rda, fait une autre sortie où il se renie. Le jeudi 29 mars, dans les colonnes d’un confrère proche du Pdci-Rda, Jean-Louis Billon fait un rétropédalage : «Je veux dire que, ce que le Pdci-Rda réclame suite au séminaire de Bingerville, c’est un redécoupage électoral. Ce redécoupage électoral, on le souhaite avant les prochaines municipales et régionales. Et j’ai ajouté qu’il y va de la crédibilité de la Commission électorale indépendante (Cei). C’est elle qui doit proposer ce découpage électoral pour coller aux réalités régionales et municipales». A la lecture de ces quatre phrases de Billon, trois constats se dégagent : primo, son intervention est très brève comparée à la déclaration qu’elle est censée noyée. Secundo, elle coïncide avec la publication d’une interview fleuve du ministre Maurice Kouakou Bandama, par ailleurs, premier secrétaire général délé- gué du Rdr, parue jeudi 29 mars, dans les colonnes d’un confrère proche du parti au pouvoir. Tertio, le Pdci-Rda n’exige plus la mise en place d’une nouvelle Cei, comme il l’a fait, dans la première déclaration. Il est devenu plus clément, il le «souhaite» ! La question qui se pose et s’impose, après une telle variation, c’est de savoir, ce qui a bien pu se passer entre temps… Pourquoi le Pdci a-t-il reculé, après avoir bandé ses muscles affirmant que «la Commission électorale indépendante (Cei) répondait à l’époque, à une réalité, qui était celle de la crise ivoirienne, ce n'est plus la même aujourd'hui, il faut coller à la réalité du moment.» «Une Cei crédible et légitime est nécessaire pour crédibiliser les élections, en 2020. Il faut la faire évoluer. On ne peut arriver en 2020 avec la même Commission qu’on avait en 2010». En réponse, des sachant affirment que Billon a pu être rappelé à l’ordre après sa sortie, parce qu’elle dévoile avant l’heure, le carte maîtresse que ce parti entend jouer contre son allié houphouetiste. Certes, la question de la réforme de la Cei est inscrite en bonne place dans l’agenda secret du PdciRda. Mais ce n’est pas de la sorte qu’elle devrait atterrir sur la place publique. Billon a dansé un peu plus vite que la musique. Voilà pourquoi il a dû se reprendre en se reniant. Croient savoir certains Pdcéistes. D’autres notent par ailleurs, que la valse de leur porte-parole en second, prend sa source dans la crainte d’une purge des cadres du parti, dans l’administration. Si Billon ne revenait pas sur ces déclarations, la suite aurait été catastrophique, pour le parti de Bédié qui aurait donné au pouvoir Rdr, des raisons suffisantes de mettre les hommes de Bédié dehors, pour qu’ils soient plus à l’aise à faire chorus avec l’opposition ! C’est toujours selon. Mais une chose est certaine, pour le Rdr, ceux qui critiquent la Cei de Youssouf Bakayoko sont des «sorciers». Maurice Kouakou Bandama prend clairement le contre-pied des accusations du Pdci-Rda contre la Cei dans son interview citée plus haut : «S’il doit avoir changement à la Cei, ce n’est pas parce que ceux qui sont là ont failli. Les accusations qu’on porte contre eux ne sont pas fondées.» A bon entendeur…