Le Burkina et la Côte d’Ivoire version Ouattara, ont décidé de coopérer dans tous les domaines, même dans la traque de ses opposants dans les deux pays. C’est ce qui a été décidé en marge du dernier sommet ivoiro-burkinabé qui s’est tenu récemment, à Ouagadougou. Compaoré a de l’expertise dans la déstabilisation des Etats voisins. En Côte d’Ivoire, Ouattara a de l’expertise dans la traque de ses opposants. Les deux régimes qui sont vacillants, ont donc décidé de se mettre ensemble, pour traquer leurs différents opposants qui leur donnent des insomnies. Cette décision a été prise en marge du dernier sommet ivoiro-burkinabé qui a eu lieu à Ouagadougou. En marge du train-train conventionnel de cette rencontre, les sécurocrates de ces deux régimes se sont retrouvés en apartés, loin des regards des participants pour évoquer les sujets qui leur tien- nent le plus à cœur.

Et pour lesquels cette rencontre a sûrement été convoquée. A cette réunion officieuse, il a été question du musellement des oppositions aux- quelles ces deux régimes sont confrontés. Ouattara face au Fpi qui lui donne des insomnies. Et Compaoré menacé par une coalition d’opposants qui lui demande depuis longtemps, de quitter le pouvoir. Comment donc faire taire ces opposants qui empêchent ces pions de Paris, de piller et de tourner en rond ? Voici la question qui a été débattue à cette rencontre. On sait que dans le cas de la Côte d’Ivoire, le grand économiste venu de la planète fi- nance a de l’expertise à vendre dans la traque contre ses oppo- sants. Une liste des empêcheurs de tourner en rond a de ce fait, été dressée. Pour la Côte d’Ivoire, il n’y a pas lieu de se poser mille questions sur l’identité des opposants qui sont dans le viseur du régime. Il s’agit bien entendu, en premier lieu, du professeur san- garé Aboudramane, Douati Alphonse, Agoh Marthe, Akoun Laurent, Koné Boubacar, Tapé Kipré… en fait, tout est bien clair.

Il s’agit de ceux qui se sont opposés à l’opa de Ouattara sur le Fpi. Et ce n’est pas tout. Car la liste continue de s’élargir. « L e nom du ministre Lida Kouasi vient d’ê tre ajouté à cette liste » , confie un cadre du Fpi. « Nous s ommes informés d e l’existence de cette liste. Mais très bien tôt, nous allons dénoncer c ela », ajoute un autre cadre de ce parti. A défaut d’avoir fait main basse sur le Fpi, le régime veut le soumettre par la force. C’est le domaine dans le- quel il excelle le mieux. En tout cas, tel qu’il est connu, il ne se gênera pas de voir toute la direction du Fpi en prison. On ne serait donc pas étonné de voir plusieurs dirigeants de ce parti être conduits à la Maca dans les prochains jours. Pour donner le ton, Laurent Akoun a déjà été convoqué la semaine dernière, par la Justice de Ouattara, pour une affaire qu’elle-même (Justice) ignore. Le régime acculé, n’a pas le choix. Il a vraiment peur que le Fpi prenne la rue. L’exemple du Burkina provoque des céphalées à Abidjan. On ne sait jamais.

Guehi Brence
LE TEMPS