Le jeudi 21 août 2014, plusieurs dizaines de militaires français de la force Licorne ont investi les villages d'adébem et de Godjiboué, dans le département de sassandra.a adébem, six véhicules, dont
cinq surmontés d’armes de guerre, ont pris position à l'ecole primaire publique (epp), en milieu d’après-midi.La colonne de véhicules qui a débarqué à Godjiboué est plus importante encore : cinq chars, quatre pick-up, deux véhicules de transport de troupes et trois ambulances.

Les villageois ont estimé l’effectif des militaires à une soixantaine, au moins.En guise de réponse aux interrogations des chefs des
deux villages, les militaires français ont affirmé qu’ils sont
en mission de sensibilisation des dozos afin qu’ils déposent
les armes, lèvent leurs barrages et retournent à leurs activités
traditionnelles.
Les chefs du détachement français ont rencontré les communautés étrangères (Burkinabé, maliens, Guinéens,
etc.) et les dozos d'adébem dans leur quartier,loin des regards des autochtones Godié. ils ont photographié les fosses communes
dans lesquelles ont été jetés des corps des dizaines de Godié fusillés, égorgés ou brûlés vifs par leurs alliés des forces républicaines de Côte d’ivoire (frci) associés aux dozos, en mai 2011.

A Godjiboué, où plus de soixante-dix Godié ont été massacrés par les mêmes frci et les dozos au service d’alassane Dramane ouattara,un groupe de militaires français a passé la nuit à l’epp
qu’ils ont occupée dès leur entrée dans le village. Un autre groupe a campé non loin du cimetière du quartier de Gnagroboué.
Le vendredi 22 août, les colonnes des engins de la force Licorne ont repris la route en direction de sassandra, sans avoir démantelé le moindre barrage des frci et de leurs supplétifs officiels dozos. A Adébem, face à l’inquiétude suscitée par leur fraternisation avec les criminels dozos, les soldats français n’ont eu qu’une seule et dérisoire réponse : un numéro de téléphone
remis au chef du village par intérim.
Aujourd’hui, les populations autochtones Godié rescapés des massacres de masse de mai 2011 s’interrogent sur les
véritables objectifs de l’intrigante incursion et des mouvements
nocturnes des militaires français dans leurs villages. Que mijotent encore Licorne et ses alliés frci et dozos ?
autre presse
02/09/2014