Lors du dernier sommet de l’Union Africaine qui s’est ouvert le 16 juin en Afrique du Sud, Alassane Dramane Ouattara a rencontré, à deux reprises, son homologue Catherine Samba Panza, femme d’affaires centrafricaine qui dirige la transition politique dans son pays depuis le 23 janvier 2014. Rien d’anormal a priori. Sauf que madame Panza avait été initialement logée au Kruger Park Hôtel à Prétoria, très loin du Palazo Hôtel de Johannesburg à Fourways où Alassane Ouattara est descendu avec ses proches collaborateurs. Sauf, également, que Ouattara a également reçu en mai dernier, le délégué Europe de la Séléka Sabi Mandjo qui représente la face intellectuelle d’un réseau de combattants formés au Nigeria par la secte terroriste Bôkô Haram.

 

Les Ivoiriens n’ont sans doute pas fini de trembler en découvrant, au fil des révélations, le scénario de la terreur qui se met progressivement en place dans leur pays. Car, alors que le régime montre une crainte somme toute compréhensible à l’égard des jihadistes, ses pontes entretiennent des relations à la fois étroites et trop suspectes vis-à-vis de leurs semblables de la confrérie Bôko Haram avec qui le pouvoir partage des réseaux communs. Telle est en effet l’histoire de la double rencontre à Johannesburg, en Afrique du Sud, entre le chef de l’Etat ivoirien et son homologue centrafricaine Catherine Samba Panza qui dirige, depuis janvier 2014, une transition politique dans son pays.

La présidente de la transition centrafricaine a montré que les liens entre elle et le chef de l’Etat ivoirien étaient beaucoup trop forts et n’a donc pas hésité à forcer le destin pour se faire loger au Palazo Hôtel de Johannesburg où Alassane Dramane Ouattara et ses proches étaient descendus à l’occasion de la tenue du 25 è sommet de l’Union Africaine. A moins que ce ne soit Ouattara lui-même qui ait fait jouer son pouvoir pour que madame Panza se rapproche de lui. Toujours est-il que les deux personnalités se sont rencontrées officiellement deux fois pendant les deux jours qu’on durées les assises du 25è sommet de l’Union Africaine.

En diplomatie, ce type de rencontre relève en fait d’une pure banalité. Sauf que les services secrets français avaient déjà alerté l’opinion sur le fait que 500 mercenaires de l’ex-mouvement rebelle centrafricain, qui avait momentanément pris le pouvoir en Centrafrique après avoir chassé son titulaire François Bozizé, sont positionnés en Côte d’Ivoire. Or, courant mai de cette année, le chef de l’Etat ivoirien a reçu Sabi Mandjo, le délégué Europe de la Séléka qui continue d’entretenir un réseau de combattants. Cadre de l’aviation civile, Sabi Mandjo est en effet la touche intellectuelle d’un réseau de combattants peulhs pro-Séléka mis en place par le général Ali Darrassa Mahamat alias « Ali Darass ». Cet ancien chef d’état major de la Centrafrique sous la présidence de Michel Djotodia Am Non droko, a été débarqué fin juillet 2014. C’est lui qui a créé le réseau peulh de combattants de la Séléka après l’arrestation du chef historique de la rébellion centrafricaine Abdel Kader Baba Laddé. Apréhendé le 3 septembre 2012 à Bangui, le chef du front populaire du redressement est actuellement détenu au Tchad visé, pour la deuxième fois, et pour cette raison, par les activistes terroristes de la secte Bôko Haram. La dernière attaque qui s’est déroulée le lundi 13 juillet dernier dans la capitale tchadienne a fait quinze victimes et porte la signature de la secte nigériane qui forme les combattants du réseau régional de peulhs…

Aucune information n’a filtré sur les deux rencontres officielles entre Ouattara et madame Panza. Il en est d’ailleurs de même de celle entre le chef de l’Etat ivoirien et le délégué Europe de la Séléka, Sabi Mandjo, à Abidjan. Cependant, il est de notoriété publique que même parti du pouvoir la machine Séléka tourne à plein régime. D’ailleurs, si ses rebelles ne sont plus officiellement les bienvenus à Bangui, ils sont néanmoins tolérés par la présidente de la transition qui fut l’ex-maîtresse de Michel Dotodja et qui continue d’être accusée de vouloir faire le lit à un retour au pouvoir de l’éphémère président de la Centrafrique exilé au Bénin où Ouattara a déjà des atomes crochus, notamment avec son président Yaï Boni. Traqués par ailleurs par le Tchad, le Niger et le Nigeria en raison de leurs accointances avec la secte terroriste Bôkô Haram, des milliers de combattants peulhs, souvent bien armés, sont ainsi redescendus en Centrafrique et singulièrement à Bossangoa, 305 km au nord de Bangui, Bossambelé, 150 km, dans le Ndju. La totalité des effectifs dans ces deux régions est de 900 hommes puissamment armés. Leur puissance de feu est impressionnante selon des témoignages et les combattants disposent d’armes neuves. Bref, à bientôt trois mois de l’élection présidentielle, quelles peuvent être les raisons capables de justifier toutes ces accointances ? Està dire que Ouattara n’a pas confiance en son armée et qu’il pourrait, au besoin, se servir des « hôtes » de madame Panza ? Seuls les prochains jours nous le diront.

 

   Par IvoireBusiness