L’affrontement entre gendarme et population du village Nouvel Ousrou prend une allure dangereuse, avec la mort d’un Frci, tué par balle.

 

Tôt ce mardi matin, 15 décembre 2015, soit 24h après les affrontements entre la population du village de Nouvel-Ousrou (département de Dabou) et des gendarmes qui ont occasionné la mort de deux jeunes, le village entier a été soumis à une vaste opération de perquisition. Selon des informations de sources concordantes, les gendarmes qui ont signé leur retour dans ledit village, après les affrontements de la veille (Ndlr: lundi), seraient en effet venus à la recherche d’armes de feu. Pour ces derniers, les villageois posséderaient des armes dont ils se seraient servis pour ouvrir le feu sur le peloton en charge du maintien de l’ordre suite aux échauffourées survenues dans la matinée du samedi. «Ils sont revenus (Ndlr: les gendarmes) ce mardi matin disant que nous avons tiré sur eux avec des armes à feu. Et que nous avons blessé l’un d’entre eux qui aurait succombé à ses blessures. Pour cela, ils sont venus fouiller tout le village pour retrouver des armes que nous aurions cachées selon eux», a confié une habitante du village auprès de qui nous vérifiions l’information. Puis notre source d’ajouter que les villageois ont manifesté ce lundi, les mains nues. 

 

Et que le gendarme en question aurait été atteint pas les tirs de ses propres frères d’arme. «Quand ils ont commencé à se replier, deux d’entre eux avaient été rattrapés par la foule. Ces derniers étaient donc au milieu de la foule lorsque les autres gendarmes ont commencé à nous tirer dessus. C’est ainsi que ce dernier a pris une balle tout comme nos frères et sœurs, dont deux ont trouvé la mort sur coup», a relaté un rescapé. Du côté de la grande muette, on ne se pose pas de question. Il faut coûte que coûte retrouver l’arme du crime. Ce qui explique les fouilles minutieuses qu’un détachement de la gendarmerie a entrepris ce mardi dans le village. Chaque habitation a été passée au peigne-fin. «Ils sont venus avec des détecteurs de métaux qu’ils introduisent dans tous les coins et recoins de nos maisons comme si nous étions de vulgaires bandits. Il faut qu’on nous traite comme des personnes au même titre que celles qui sont en ville, à Abidjan pour être plus clair. Nous avons nos problèmes que nous expliquons aux autorités. 

 

Et personne ne veut nous écouter. Au contraire, on nous fait venir l’armée pour nous tuer, simplement parce que nous disons que nous ne voulons plus d’un individu qui a été durant des années notre chef», s’est insurgée une mère de famille sous le couvert de l’anonymat.

 

Elysée LATH