Par Connectionivoirienne.net

 

Le billet de connection (3)

 

Depuis le jeudi 24 mars 2016, le département de Bouna vit une situation dramatique. Un affrontement armé entre éleveurs Peulhs, Koulango, Malinké et agriculteurs Lobi a fait 23 morts et plus de 40 blessés officiellement. Ce bilan macabre n’est pas définitif, il pourrait s’alourdir.

 

 

 

Comme hier à Bassam et en l’espace de 11 jours, des Ivoiriens sont encore tombés. Le gouvernement y a envoyé une délégation conduite par la ministre Mariatou Koné pour apporter réconfort aux blessés, compassion aux familles des défunts et faire baisser la tension. Cela est louable. Cependant l’attitude du chef de l’Etat vis-à-vis de ce drame étonne plus d’un. Alors qu’on a vu Alassane Ouattara très actif à Bassam le 13 mars dernier, effectuant même le déplacement dans la cité balnéaire, à Bouna, Ouattara reste invisible jusqu’à ce jour. Il était au Gabon d’où il a même poursuivi son 135e voyage (selon le décompte du journaliste Frank Toti) depuis son arrivée au pouvoir, en France. En pareille situation, certains chefs d’Etat auraient suspendu leur mission, aussi importante soit-elle, pour revenir au pays.

 

Est-ce parce que les morts de Bouna sont des morts kilométriques et que Bassam c’est juste à quelques kilomètres d’Assinie où était Ouattara le 13 mars ?

 

Il ira sans doute là-bas dès son retour mais cela n’aura pas la même saveur que si c’était le premier jour. Comment de nombreux Ivoiriens qui se sont indignés de cette attitude pourraient ne pas penser qu’un mort n’est pas égal à un mort chez Alassane le chef de l’Etat ? À Bassam, au moins quatre occidentaux étaient parmi les victimes et des invités VIP de Dominique Ouattara ont échappé de justesse à la barbarie des meurtriers. Était-ce pour ça ?