L'organisation internationale Amnesty International a dénoncé jeudi 07 mai dans un communiqué les conditions d'arrestation et de détention de Koua Justin, Dano Djédjé et Hubert Oulaye, trois cadres du FPI.


"L’arrestation et la détention de trois membres de l’ancien parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, à cinq mois de l’élection présidentielle, portent toutes les apparences d’une pression sur l’opposition" et envoient "un signal préoccupant", dénonce le communiqué.



Selon Amnesty International, "une trentaine de membres des forces de l'ordre" auraient menotté la petite-fille de M. Oulaye et l'auraient battue "pour qu'elle indique où se trouvait son grand-père".
La petite fille de l'ex-ministre de la fonction publique de Laurent Gbagbo est actuellement à l'hôpital pour traiter ses blessures, selon l'ONG qui réclame l'ouverture d'une enquête indépendante et impartiale.
Amnesty International dénonce également les conditions de détention de M. Oulaye, incarcéré "dans une cellule non ventilée alors qu'il souffre de diabète et d'hypertension artérielle".

 

MM. Djédjé et Koua sont poursuivis pour "discrédit sur une décision de justice, violence et voies de faits sur les forces de l'ordre, rébellion et atteinte à l'ordre public".

Hubert Oulaye, un ancien député de Guiglo (ouest), est accusé de "complicité d'assassinat de militaires de l'Onuci dans l'ouest du pays". Sept Casques bleus nigériens de l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) et huit civils avaient été tués en juin 2012 près de Guiglo.
Les trois responsables interpellés, les ex-ministres Sébastien Dano Djédjé et Hubert Oulaye, ainsi que Justin Koua, un responsable de la jeunesse du parti pro-Gbagbo, ont été placés mardi sous mandat de dépôt.

M. Koua a de son côté été transféré dans un centre médical pour traiter des "blessures non spécifiées", ajoute l'ONG.

 

Interpellés lundi, les trois hommes comptent parmi les organisateurs le 30 avril d'une réunion de "frondeurs" ayant désigné M. Gbagbo, actuellement détenu par la Cour pénale internationale (CPI), "président" du Front populaire ivoirien (FPI), une démarche jugée sans "aucune valeur" par la direction de ce parti divisé à l'approche de la présidentielle d'octobre.
AFP